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IMPRIMER Dernière mise à jour: 18/11/2011
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A Douarnenez, l’aventure continue
Après la fin de la grande époque de la sardine, Douarnenez avait accusé le coup. Aujourd’hui, entre passé et présent, la ville s’est reforgé une identité.

Une Khirgize à la traîne d’une visite commentée, une irlandaise qui rentre du marché, un méditerranéen en méditation devant une île, l’espace d’une journée, toutes ces personnes se seront croisées à Douarnenez. Dans ce port de pêche finistérien, la tradition d’ouverture remonte à loin. Jusque dans les années 1960, la ville avait bâti son économie sur la sardine et de nombreuses conserveries faisaient travailler les femmes de marins. Mais il y eut aussi la pêche à la morue à Saint-Pierre et Miquelon ou les expéditions jusqu’aux côtes africaines. Aujourd’hui, les quelques bateaux encore en activité pêchent surtout en baie, où la sardine est revenue après s’être un temps éclipsée. Sur les quais cependant, le ballet des marins en ciré jaune n’a pas cessé. Les chalutiers concarnois, voire espagnols ou écossais, viennent nombreux débarquer leur poisson, sans parler des bateaux usines, dont l’accostage devant la criée est un spectacle couru.

Rien ne sert pourtant de le nier, les maisons de mareyeurs ont depuis longtemps été converties en hôtels ou en résidence secondaires et les filets décorent volontiers l’intérieur des crêperies. Mais il n’y a rien à faire, tout Douarnenez respire encore son passé. Mieux, la ville a su garder la mémoire sans donner dans la nostalgie.

Aujourd’hui encore, la sardine est à tous les coins de rue. Mais si on n’oublie pas le passé, notamment via le musée du bateau et sa collection de " bateaux de travail ", on n’en dédaigne pas moins les clins d’œil décalés : depuis 4 ans maintenant, le festival d’été " les arts dînent à l’huile " se tient sur l’estacade du port Rhu. Le collectif organisateur occupe les anciennes affaires maritimes… Et à l’heure où la conserverie Chancerel fête ses 150 ans en érigeant une statue mi-femme mi-sardine devant l’île Tristan, personne ne s’offusque du drap dont un farceur lui a entouré la taille. " Sûrement quelqu’un qui avait quelque chose à dire, peut-être les intermittents ", commente un pêcheur de coquillages. Décidément, Douarnenez vit avec son temps.

Située en fond de baie, entre les falaises du cap Sizun, au sud, et les plages qui s’étendent jusqu’à Crozon, au nord, la ville s’est développée au XIXe siècle. Ses maisons de pêcheurs, dont les pierres apparaissent seulement aux contours des portes et fenêtres étaient à l’origine sans fioritures, blanches ou grises. Depuis, la mode irlandaise des façades colorées a pris. Sur le port, les maisons sont rouge, bleue ou rose. De quoi alimenter les conversations dans les venelles et arrières-cours qui relient les halles aux quais. Entre le linge qui sèche aux fenêtres et les brins de conversations qui s’échangent d’une cour à l’autre, si ce n’était l’accent, le promeneur pourrait croire à un bout d’Italie.

Cependant, une fois rassasié des " mignonig ", " ma pauvre ", et autres expressions si chères aux mamies douarnenistes, l’amateur de quiétude n’aura que l’embarras du choix. Envie d’espace vert ? Le sentier des Plomarc’h, une bande champêtre qui aboutit à la première grande plage de la baie, la plage du Ris, vous attend. Avec ses criques désertes et son ancien village de pêcheurs reconverti en gîte d’étape, le parc est la promenade traditionnelle du tout Douarnenez. Récemment, un site gallo-romain y a été découvert et aménagé pour la visite.

Pour ce qui est des vestiges d’un passé plus récent, en revanche, mieux vaut se diriger vers le port Rhu. Séparé du port de pêche par 2 plages, cet estuaire a été fermé pour accueillir de vieux gréements. A l’entrée du bassin, l’Ile Tristan laisse voir sa façade sud. Devenue propriété du conservatoire du littoral, elle n’est ouverte au public que lors de visites guidées. Coupée de la rive à marée haute, sur fond de légende de la ville d’Ys et d’histoire de Tristan et Yseult, le bout de terre cultive son côté " île mystérieuse ".

En poursuivant vers le port Rhu, le visiteur pourra continuer sa rêverie le long d’une promenade en bois. Les bateaux de la fin du xixe siècle ou du début du 20e s’alignent le long des quais. Certains, propriété du musée du bateau, sont visitables. Le musée s’est installé un peu en retrait de l’estacade. Mais le port Rhu n’est pas uniquement un lieu d’exposition. Il est devenu un véritable " atelier " où se regroupent tous les métiers de la charpenterie de marine. De la restauration à la construction, les officines de charpenterie, voilerie ou matelotage proposent leurs services, jusqu’au " stage de loisir " pour les curieux du métier.

Après une telle mise en bouche, l’appel des embruns devrait logiquement se faire sentir. Sur le port de pêche, entre les promesses des pêcheurs à la ligne pour qui " aujourd’hui il devrait y avoir du macreau ", le va et vient des kayaks et les départs pour des croisières en baie ou des parties de pêche en mer, il faut choisir. Peut-être les conseils de Paulette, 81 ans, qui a fait de la digue sa promenade quotidienne ne seront pas de trop. Elle qui vient chaque jour sur le port " parce qu’à Ploaré (un quartier de Douarnenez), on n’est pas en bord de mer ! ".
Soïg Salaün

 


Crêpe toujours
A Douarnenez, en matière de crêpes, il y eut longtemps 2 écoles. Le vendredi, entre tante Fine et chez Tudal, il fallait choisir.

Aujourd’hui, avec la fermeture annoncée de tante Fine, c’est la fin d’un dilemme. La crêperie de Roger Tudal, " Au goûter breton ", a gagné ses galons d’incontournable. Ouverte en 1951, la maison est à présent dirigée par Roger, qui a pris la succession de sa mère. Sa réputation d’institution locale, le patron crêpier a donc eut tout le temps de s’y faire. Pour autant, il relativise : " Des piliers forts, il y en avait eu d’autres avant tante fine et moi et il y en aura encore. Après, c’est surtout la nostalgie des gens… "

Et la nostalgie, décidément, dans la maison on n’y tient pas. Sur la devanture peinte en orange vif, une pieuvre en fer rouge fait l’encornure. Roger en profite pour glisser un mot sur ses copains de l’atelier des " rouillegorge ", " inventeurs constructeurs " du cru. A l’intérieur, la décoration un peu bric à brac reste dans le ton de ce premier aperçu. Planche de surf souvenir, scène de la légende de la ville d’ys, baratte à beurre… ici, on régale les yeux autant que les papilles. Pour Roger l’amateur de voitures américaines, l’évolution dans le travail est venue naturellement. " Il y a 10 ans, explique-t-il, quand on est passé au fromage de chèvre roquefort, ça a été difficile. Aujourd’hui, c’est ce qu’on vend le mieux ". Pour le cidre, en revanche, les habitudes ont la vie dure, déplore le crêpier. Impossible de faire démordre les clients de leur produit habituel. Mais la tradition, quand il s’agit de faire découvrir les spécialités locales, Roger Tudal a vite fait d’y revenir. Que ce soit pour promouvoir le gros lait, " typiquement du coin ", ou décrire la fabrication du lait ribot, les gastronomes ont trouvé leur homme.

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