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IMPRIMER Dernière mise à jour: 18/11/2011
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René Métairie 

Un regard plus qu’un œil

 

René Métairie, photographe, aime capter les regards, les expressions du visage des gens qu’il croise. Dans son livre Gens de Cornouaille et d’ailleurs, il nous livre quelques-uns de ses plus beaux clichés.

 

Si René Métairie s’est d’abord passionné pour la musique, la peinture, le théâtre, c’est dans l’art de la photographie qu’il excelle depuis plus de quarante ans. Aujourd’hui âgé de 61 ans, le photographe a récemment réalisé un livre, Gens de Cornouaille et d’ailleurs dans lequel il a rassemblé une partie de son œuvre. Un livre à compte d’auteur, pour pouvoir choisir librement ses photos et faire de cet ouvrage quelque chose de personnel, reflétant pour le mieux ses années de travail.

 

Originaire de Macon, dans le Morbihan, René Métairie débute sa carrière comme apprenti chez Guy Desbois, photographe dans la même ville alors qu’il n’a que 14 ans. Il est d’ailleurs le premier breton à obtenir son CAP en 1960. Il est ensuite employé au magasin Le Grand à Concarneau et réalise durant cette période un grand nombre de clichés : « En plus de mon travail la semaine, je ne me promenais jamais sans mon appareil photo le week-end. C’était ma passion. » C’est en 1971 qu’il ouvre sa propre boutique à Scaër. Mais alors qu’il photographie mariages et communions, il ne cesse d’exercer son art et d’exceller toujours en noir et blanc. Il oublie la couleur et ne se préoccupe que de la lumière, qu’il maîtrise parfaitement. Jouant avec les ombres, poussant parfois les contrastes il obtient des images d’une rare force.

 

Le portrait, son art

Ses sujets, il les trouve près de chez lui. Pendant plus de vingt ans, il a sillonné les routes de campagnes à la rencontre des gens du pays, des paysans, des pêcheurs, des bigoudènes. Les paysages l’inspirant beaucoup moins. « J’aime particulièrement photographier les personnes âgées. Il y a une force dans les expressions de leur visage, dans leur regard, qui me touche. Je ressentais quelque chose à chaque fois que je les photographiais », confie René Métairie. Pas toujours facile de les figer en images, un travail qui demande beaucoup de patience, de respect. « Personne n’a jamais refusé que je le prenne en photo. Il faut prendre son temps, échanger avec le sujet, le mettre à l’aise. »

 

Le photographe ne manque d’ailleurs pas d’anecdotes : « Sur la route de Combrit, vivait une vielle dame que je souhaitais prendre en photo. Plusieurs fois je me suis arrêté pour le lui demander, sans succès. Jusqu’au jour où elle a eu besoin de moi pour lui changer sa bouteille de gaz. Alors, elle n’a pas pu refuser. » Si l’on dit que les images parlent d’elles-mêmes, c’est pourtant à chaque fois une nouvelle histoire pour les réaliser. C’est par exemple la rencontre avec une bigoudène à la sortie d’un pardon : « je prenais des photos de cette dame à la sortie de la messe parmi la foule de paroissiens. Elle m’avait très bien vu. Venue à pied au pardon, elle me demande alors de la ramener chez elle. Un échange en quelque sorte. » Le photographe en est d’autant plus enchanté qu’il a pu réaliser d’autres clichés chez la vieille dame en coiffe. Une aubaine pour lui. « C’est très intéressant de les photographier dans leur environnement quotidien. Le décor va avec le personnage. »

 

Talentueux, mais humble

Si René Métairie a été honoré des titres les plus prestigieux, il a toujours gardé cette simplicité, cette humilité, la même que les personnages qu’il photographiait. En 1969, il obtient déjà le deuxième prix national du Figaro avec un superbe cliché : « La rose des sables ». Un visage d’une femme allongée sur la plage, les yeux fermés, sur lequel on a déposé quelques grains de sables. La lumière du soleil du soir, rasant, venant éclairer cette scène de toute beauté. « Je réalise mes photographies à la lumière du jour. Certaines sont faites en studio, à l’aide de projecteurs, mais je n’utilise jamais de flash. » C’est ainsi que le photographe obtient des contrastes saisissants entre ombres et lumières, qui donnent cette intensité à l’image. Pierre-Jakez Hélias a écrit ceci : « C’est en regardant les personnages et même les lieux piégés par René Métairie que l’on se persuade qu’un regard est beaucoup plus qu’un œil. » Un bel hommage, celui qui a le plus touché le photographe durant sa carrière.

 

Le nom Métairie ne vous dit peut-être rien mais certaines de ses photos ont fait le tour du monde, ont rempli les pages de magazines tels Paris Match ou le Sun. « Les chevaux souriants » reste la plus connue d’entre elles. On y voit deux têtes de chevaux laissant apparaître toutes leurs dents. Elle paraît pour la première fois en 1965 dans Paris Match et aurait été vue dans le bureau de Mikaël Gorbatchev. « Par hasard, en me promenant sur la plage de Pouldohan, je suis tombée sur la scène d’un paysan en train de baigner ses chevaux. » Une rencontre fortuite pour une photographie figée à jamais. Par ailleurs, René Métairie a été le premier photographe breton à exposer au musée national de la photographie à Paris en 1989.

 

Cet homme n’a pourtant jamais surfé sur la vague du succès. Il a toujours préféré rester travailler à Scaër. « Certes la photographie c’est ma passion, mais j’avais une femme et trois enfants, et je ne les aurais jamais laissés pour mener ma carrière. »

Le titre de son livre évoque cependant aussi des « gens d’ailleurs ». Visages de Guadeloupe, de Turquie entre autres où il s’est rendu récemment. « La Turquie m’a beaucoup intéressée, les gens étaient d’une grande gentillesse. En prenant des clichés des paysans là-bas, j’ai eu l’impression d’être dans la campagne cornouaillaise des années 70. » Nostalgique peut-être ?

Émilie Chaussepied

 

Exposition à la Chambre de commerce et d’industrie de Quimper jusqu’au 15 mars 2006.

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