Sein, fiche didentité
246 habitants, 120 000 touristes à lannée. Deux hôtels, six restaurants. Un médecin, un centre médico-social, une usine de production deau de mer, une église, une mairie, un cimetière, deux ports (cest selon le vent), deux épiceries, pas de gendarmes ni de curé à lannée, pas de maison de retraite, quatre pompiers volontaires (à déplorer récemment : une évacuation sanitaire, un feu de broussailles), un gardien de phare, une chapelle, une ancienne écloserie, une école et un collège à classes uniques, une chorale, six bateaux par jour en été, un aller et retour en hiver, cinq kilomètres de digues et de quais (en perpétuel chantier), deux pêcheurs, contre 200 il y a 25 ans.
" Nous sommes simplement les îliens "
Yves Le roy, maire
" On sait à des détails que le temps va changer : au bruit de la mer, par exemple. On est toujours occupés avec le temps. Les anciens nont fait que cela : regarder la mer avant de monter sur leur bateau ", explique Yves Le roy, maire de lîle. Plus loin, le maire rappellera le manque chronique despace. " Lespace nous est compté. Il ny a pas de terrain, les maisons sont chères ou ne se louent que lété. Les jeunes ont du mal à se loger "
Questions : Que faire pour sintégrer ?
Il faut travailler beaucoup et avoir des idées. Un artisan par exemple doit être polyvalent.
Quelles sont les qualités de lîlien ?
La courtoisie tout dabord. Cest la promiscuité qui veut cela. Même si on croise quelquun quon naime pas, on le salue. On nattend pas forcément de réponse, mais on dit bonjour. La générosité est une deuxième qualité. Les gens savent donner de leur temps, se mobiliser pour les autres. " Sein, une communauté. Une île. Lîle. Dailleurs, " pour parler des habitants de Groix, on dit les Groisillons. Pour parler de ceux de Molène, les Molénais, ou ceux dOuessant, les Ouessantins
Pour nous désigner, on dit simplement les îliens. "
" Le collège, cest vital "
Anaïck, professeur polyvalent
Le collège compte huit élèves. Soit une tête de plus que lannée passée. Trois professeurs aussi. " Cela me plaît dêtre ici, sinon je ne serai pas restée. Les gens sont très accueillants, les parents toujours prêts à épauler. Et la vie associative est dynamique. Si le collège ferme, des familles sen iront. Elles ne laisseront pas leurs enfants partir seuls sur le continent. Cest vital ", dit Anaïk Even, professeur dhistoire, de géographie et de français, qui a fait sa sixième rentrée sur Sein. " Nous sommes très près des enfants ici. Ils sont très stimulés ! " Ils ne peuvent se cacher près du radiateur. " Certains regrettent en contrepartie de ne pas avoir assez damis."
" Moins isolés que sur le continent "
Didier, peintre et pompier
Didier Marie le Bihan est artiste peintre. Il peint selon la technique du clair-obscur cher aux anciens. Îlien depuis deux ans et demi, ce natif de Douarnenez est aussi pompier bénévole. Il y en a quatre en tout sur Sein : Alain, Régis, Claudie. Et Didier. Cet artiste, ascendant " anar plus que militaire ", sest " enrôlé " par solidarité. " On est venu me chercher, Je me suis senti concerné. Quand on fait quelque chose ici, cest pour le bien de la communauté. " Cest vrai quand il y a le feu. Vrai aussi quand il sagit dorganiser des fêtes. " Sans être vieux jeu, je trouve quil y a ici des valeurs perdues ailleurs. Etre pompier bénévole, cétait aussi pour moi une manière de mintégrer. "
A Sein, " nous ne sommes pas coupés du monde. Nous sommes même moins isolés quailleurs. Sur le continent, il y a, cest vrai, le cinéma ou les restaurants. Mais franchement, qui y va ? Sur lîle, chacun trouve ce quil veut bien trouver. On ny vient pas pour régler des problèmes personnels. Quand cest le cas, la greffe ne prend pas. On sintègre bien si on est bien. "
Le Mouez Enez Sun, le journal du bord
Lîle de Sein a son journal : le Mouez Enez Sun. Plus de soixante numéros. Douze par an. Le directeur de la publication sappelle Pierre Portais, un ancien journaliste de RBO devenu restaurateur sur lîle. " Notre journal compte 650 abonnés (vente quasi exclusive sur abonnement). Il est distribué dans 66 départements français, et pour un tiers, à létranger : Japon, Brésil, Europe (neuf pays). La diaspora sénanne est grande. Nous avons même six abonnés suisses. Et les lecteurs qui nont jamais mis les pieds sur lîle ne sont pas rares. " Les bénéfices tirés de la vente servent à financer des animations sur lîle, et dautres associations. Contact : 02 98 70 93 75.