" Haliotika nest pas un musée "
Haliotika et ses 730 m2 dexposition, est à la mesure du premier port de pêche artisanal français et du troisième de France. " Plutôt quun musée, explique Anna Beyou, chargée de communication. Haliotika est un espace qui permet la découverte interactive et ludique de la pêche en mer bigoudène. Notre objectif est de coller à la réalité des marins pêcheurs et de la pêche. " Des vidéos, des mises en ambiance ou des maquettes permettent aux visiteurs de comprendre la vie quotidienne des pêcheurs grâce à plusieurs angles dapproche : la législation européenne, les armements, le rôle des mareyeurs, les techniques de pêche
Avec des jeux de loie et dinterprétation, les plus jeunes sont directement mis en situation. La maquette dun chalut montre les efforts réalisés pour sélectionner les plus grosses langoustines. Un film de lInstitut français de recherche pour lexploitation de la mer permet à chacun de simaginer sur un chalutier grâce à des lunettes pour voir en trois dimensions. Par ailleurs, Haliotika organise la visite de la criée du Guilvinec et propose des activités dans la commune tout au long de la semaine. " On vit au rythme de la pêche. Lexposition participe aussi au développement local, à la valorisation dune activité qui représente presque une monoculture ici. " Anna Beyou na quun seul regret : " les Quimpérois ne viennent pas chez nous. Peut-être parce quil ny a pas de retour de bateaux le week-end
"
D.D.
Ouvert du lundi au vendredi de 14 h 30 à 19 h. Le dimanche et jours fériés de 15 h à 18 h 30. Atelier " cuisine de la mer ", atelier 7/12 ans, visite guidée de la zone portuaire, pêche à pieds, sortie découverte des algues, embarquement sur chalutier. Rens. au 02 98 58 28 38.
Les algues mises en boîte
Marin-pêcheur, Scarlette Le Corre utilise une partie de sa pêche pour faire des conserves de poissons et fabriquer des produits alimentaires aux algues.
Le caractère bien trempé de Scarlette Le Corre lui a bien servi dans le cadre de son activité professionnelle. A 18 ans, elle quitte lécole quelques mois avant le bac pour travailler à lusine. Elle suit une formation desthéticienne mais le virus de la mer est plus fort et en 1983, elle choisit dêtre marin-pêcheur. En 1986, elle achète son premier bateau Jean-Pierre pour pêcher des algues. Deux ans plus tard, elle acquiert le fileyeur Mon copain J.P. Entre la mi-avril et la fin septembre, Scarlette Le Corre passe tout son temps en mer. " Je navigue seule, entre 10 et 12 heures par jour ", observe-t-elle. Elle relève " tout ce qui rapporte une plus-value " : surtout des soles et des rougets barbets mais aussi du bar de ligne, des vieilles, des tacauds, des lieux jaunes, du homard et des étrilles. " Mais depuis une dizaine dannées, remarque Scarlette Le Corre, les petits poissons ne se vendent plus, car les mareyeurs préfèrent acheter ces poissons à dautres pays comme lAfrique ou aujourdhui lIrlande. " Après avoir obtenu un brevet professionnel agricole et maritime, option productions aquacoles au Cempama à Beg Meil, elle se lance aussi en 1992 dans la culture dalgues. Sur ses quatre hectares de concession en mer, elle produit aujourdhui dix tonnes de wakamé, une algue aux grandes qualités nutritives, originaire du Japon. " Dans cette algue, par exemple, il y a 13 fois le calcium contenu dans du lait à quantité égale. Cest un ingrédient directement assimilable qui nettoie lorganisme et qui est donc très utile pour les fumeurs ", précise-t-elle. Aujourdhui, pour soccuper de la pêche, de la vente, de la culture dalgues et de la fabrication de ses produits, Scarlette Le Corre emploie quatre jeunes gens de la région. Participant à de nombreux salons gastronomiques entre novembre et mars, elle vend ses produits dans la France entière.
Démonstrations culinaires
Scarlette Le Corre se définit comme " artisan, pêcheur, algoculteur, mareyeur, transformateur, conserveur ". Elle continue de développer son activité. Après lachat en juin dernier du Kandiraton, un bateau de 7 m 40 pour la pêche à la ligne, elle sest installée dans un nouvel atelier plus grand au Guilvinec. " Au total, avec mon exploitation, je fais le chiffre daffaires dun gros chalutier ", senorgueillit-elle. Après un accord conclu récemment avec des commerçants chinois, elle ne cache pas son enthousiasme : " il y a au Guilvinec les algues les meilleures au monde parce quelles ne sont pas polluées. " Sans compter le wakamé quelle cultive, Scarlette Le Corre récolte quatre autres algues utiles pour ses préparations culinaires (conserves artisanales de poissons et algues marines de Bretagne) : la laitue de mer (ulve), la dulse (palmaria), la porphyra (nori) et les spaghettis de mer (himanthalia). Soucieuse de faire découvrir les richesses de la mer, elle accueille des passagers sur son bateau. " Je leur montre comment on pose, relève et démaille un filet. " Grand maître de la confrérie des saveurs de locéan atlantique, elle propose aussi des démonstrations culinaires gratuitement sur inscriptions : " je ne fais pas de la cuisine gastronomique. Ma cuisine est simple. Je montre le b.a.-ba de ce que lon peut faire. Après, cest à lingéniosité de chacun de jouer. "
D.D.