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IMPRIMER Dernière mise à jour: 18/11/2011
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Port-la-Forêt

Une référence de la course au large
Aujourd’hui Port-La-Forêt abrite plus de 1 000 bateaux au fond de la baie entre Concarneau et Beg-Meil, face à l’archipel des Glénan. Voiliers de plaisance et bateaux de pêche côtoient les Figaro et les Multicoques des navigateurs solitaires.

La renommé de ce port à l’emplacement unique, perdu au fin fond d’une petite commune de 3 000 habitants, est liée à la passion des hommes, à leur volonté de s’unir pour faire de ce lieu la Mecque de la course au large. Chantier à la pointe de la technologie, navigateurs de talent et structures de haut niveau ont contribué à faire de " Porlaf ", une référence dans le milieu de la voile.

En 1956, alors que le site n’est qu’une grève sauvage et l’anse du Gouérou, une vaste vasière qui se découvre à marée basse jusqu’au bourg de la Forêt-Fouesnant, Henri, le père de Michel Desjoyeaux, décide de s’installer à la pointe de Kerleven et d’y construire un hangar pour hiverner des bateaux de plaisance.

Ce pionnier de l’Ecole de Voile des Glénan développe peu à peu son activité et accueille rapidement une centaine de voiliers dans son chantier. A cette époque où le marché de la plaisance est en plein essor, la municipalité décide de créer un port de plaisance. Au départ, l’idée est de construire une marina gigantesque avec plus de 900 logements et des commerces. Le projet est ambitieux… trop sans doute et se heurte au Comité de défense des sites. Pourtant en 1972, Port-la-Forêt voit le jour avec 500 places disponibles, mais le projet immobilier est abandonné.

Dans le même temps, la pratique de la voile se démocratise et c’est aussi la période où les entraînements d’hiver organisés par la SNC de Concarneau rassemblent tous ceux qui naviguent dans les alentours de la Baie. Du centre nautique du Cap-Coz, de Kerleven et même de Bénodet, des passionnés se retrouvent pour des régates acharnées. Au milieu de cette horde de joyeux régatiers, Michel Desjoyeaux, Roland Jourdain, Jean Le Cam, Jean-Luc Elias, Patrick Morvan, Philippe Poupon ou encore Bertrand De Broc, des noms qui entreront peu à peu dans l’histoire de la course au large.

Un peu plus tard, Hubert Desjoyeaux, le frère aîné de Michel et Jean Le Cam, qui naviguent tous deux aux cotés de Patrick Morvan, décident, avec le jeune architecte Marc Van Peteghem, de monter un chantier de construction navale, dans l’un des hangars d’Henri Desjoyeaux. La saga des Formules 40, catamarans de 12 mètres, commence. Elle permet au chantier CDK de se faire connaître. Marc Van Peteghem, qui se retire du chantier, et Vincent Lauriot Prévost dessinent les plans tandis qu’un autre frère Desjoyeaux, Bertrand, se joint à l’équipe. Ce sont eux aussi qui dessineront le trimaran Poulain d’Olivier de Kersauzon et lui conseilleront CDK Technologie pour la réalisation.

Dès lors, le chantier ne cessera d’être un endroit où se côtoient de nouvelles idées et rapidement se taillera une solide réputation dans la construction des multicoques océaniques.

Un vivier de talents
Début 1990, la bande de navigateurs talentueux que sont, Jean Le Cam, Michel Desjoyeaux, Bertrand de Broc, Roland Jourdain et d’autres encore s’organisent pour préparer ensemble la Solitaire du Figaro. Soutenue par le Conseil général du Finistère, la Direction Départementale de la Jeunesse et des sports, Nautisme en Finistère et la Fédération Française de Voile, une nouvelle structure voit le jour : " Finistère Course au Large ". Les résultats ne se font pas attendre et la notoriété du Centre dépasse rapidement les frontières du département. Devenu Pôle France en 1995, le centre d’entraînement forme désormais des athlètes de haut niveau. Avec le Challenge Espoir Crédit Agricole, il ouvre peu à peu ses portes à un vivier de jeunes talents. C’est ainsi qu’ont débarqué un jour des sudistes comme Franck Cammas, Groupama, ou Sébastien Josse, VMI, et que séduits, ils sont restés.

La victoire au plus haut niveau de la course au large suppose une gestion rigoureuse de tous les paramètres techniques et humains, ainsi qu’une préparation intensive des coureurs. Les coachs de Portlaf, Christian Le Pape et Loic Ponceau concoctent les programmes des athlètes en Figaro comme en multicoques : VTT, piscine, musculation, suivi de la gestion du sommeil, préparation mentale, stage météo, routage, règles de course, les activités s’alternent au rythme de la saison, sans oublier les stages de navigation en équipage et en solitaire. Pas vraiment de contrainte, mais l’assiduité est sans conteste la clé de la réussite. " Les trois bateaux en tête au dernier Grand Prix de Lorient venaient de finir un stage au centre. Ce n’est pas un hasard ", souligne Michel Desjoyeaux.

S’intégrer dans la structure est une question de talent, mais pas seulement. Les navigateurs qui viennent en consommateur ne restent pas longtemps. " Finistère Course au Large ", c’est aussi et surtout un état d’esprit.

" La première année, ils sont seulement partenaires du centre. Ensuite, ils intègrent ou pas la structure, explique Loïc Ponceau. Tous les ans, les skippers doivent renouveler leur demande d’adhésion et c’est une commission de sélection composé des cadres du centre et de coureurs qui décide. Faire partie du pôle n’est pas qu’une question de résultat, les navigateurs doivent aussi faire preuve d’un esprit d’équipe, de partage. "
Nathalie Fornès

 

Michel Desjoyeaux

Un fils de la " vallée des fous "
Port-La-Forêt abrite une tribu de marins taillés dans du granit. Fils de la " Vallée des fous ", comme l’a surnommée Olivier de Kersauzon, Michel Desjoyeaux y a passé son enfance avant de devenir un coureur d’océans, un vainqueur de la Solitaire du Figaro, du Vendée Globe ou de la Route du Rhum.

Michel, le petit dernier de la tribu des sept enfants Desjoyeaux, est né en juillet 1965. Il grandit dans la maison familiale que ses parents ont construit au beau milieu des landes sur la pointe de Kerleven, à proximité de la vasière qui allait devenir 8 ans plus tard, Port-la-Forêt.

Dans ce cadre sauvage du bord de mer, les enfants Desjoyeaux se lancent à la découverte de la voile sous l’œil bienveillant de leur père. " On a l’impression de ne rien leur avoir appris, souligne Henri Desjoyeaux. Ils partaient seuls, et nous revenaient avec des questions auxquelles je tentais de répondre. "

Dans cet univers privilégié, bercé par le bruit des vagues, entre la grève et le chantier de réparation navale de la famille, le petit Michel suivra le chemin d’une passion qui deviendra sans limite, tout comme ses frères et sœurs déjà aguerris aux plaisirs de la voile, aux cotés d’un autre enfant terrible de la commune, Jean Le Cam, copain inséparable d’Hubert Desjoyeaux. " Il fallait les voir, ces deux larrons avec le 420 de la famille Le Cam partir de la plage dans les rouleaux, raconte Madame Desjoyeaux, dont les yeux pétillent en évoquant ces images du passé. Ils étaient vraiment des sales gosses ". Ils ont appris la mer, comme les gamins jouent au ballon dans la rue.

De cet apprentissage hors normes, loin des écoles de voile, celui qui allait devenir une figure de la course au large a conservé un esprit inventif et une ténacité à toute épreuve.

Solitaire sur l’eau, Michel ne l’est pas vraiment à terre et avec d’autres coureurs comme Jean Le Cam, il décide de s’entraîner à plusieurs. Ce sont les débuts du fameux centre " Finistère Course au Large " dont il se souvient avec malice. " C’était drôle, il n’y avait rien et tout le monde pensait qu’il y avait une usine à gaz, lance t-il joyeusement. Nous étions tous, dès le départ, convaincus de l’utilité du dispositif et de la qualité des gens qui s’en occupent. "

Les résultats ne se font pas attendre : première victoire sur la course en solitaire du Figaro en 1992, avec une arrivée à Port-la Forêt. Mais ses rêves sont ailleurs. Les coups d’essai sur le Vendée Globe 2000-2001 à la barre de PRB, puis sur la Route du Rhum en multicoque Géant se transforment en coups de maître pour celui que l’on surnomme affectueusement " le professeur ".

" Touche à tout " de talent, des multicoques océaniques à l’hydroptère en passant par la météo et l’électronique, Michel Desjoyeaux reste fidèle à la Solitaire du Figaro et participera à l’édition 2003. " La Solitaire du Figaro demeure, en terme sportif, ce que l’on peut faire de mieux, car c’est une course à armes égales. Avec les monotypes, c’est vraiment le bonhomme qui fait la différence. "

A bord de son multicoque, comme de son Figaro, Michel Desjoyeaux poursuit sa quête de victoires. Mais concernant une seconde participation au Vendée Globe. " Ce n’est pas pour tout de suite"
Nathalie Fornès

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