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IMPRIMER Dernière mise à jour: 18/11/2011
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Concarneau grandit !
L’édification d’un nouveau quartier, la zone d’aménagement concerté (Zac) de Kerauret, témoigne de la vitalité et du pouvoir d’attraction de la Ville bleue. Sur 26 hectares, dont 22 urbanisables, 470 logements et maisons accueilleront plus de 1 300 habitants.

C’est un véritable nouveau quartier qui est en train de voir le jour à Concarneau, entre la route de la Forêt-Fouesnant et la plage des Sables-Blancs. Il devrait offrir son visage définitif en 2006. La Zac de Kerauret est actuellement le dossier majeur traité par l’Office public d’aménagement et de construction (Opac) de Quimper-Cornouaille. Il symbolise également la volonté de la municipalité concarnoise de mettre en œuvre une politique de mixité sociale. Les actions de réhabilitation d’immeubles en centre-ville ont le même objectif. Dans une ville où le prix de l’immobilier flambe, il est important de garder la porte ouverte à tous. Kerauret est le fruit d’une recherche d’équilibres. 53 % des logements seront collectifs, 10 % semi-collectifs, 37 % individuels. Le site accueillera deux foyers : Papillons blancs (25 chambres) et Foyer des jeunes travailleurs (FJT) Trévidy (12 chambres et 12 logements locatifs collectifs). Il abritera également la concession Citroën. 650 m2 de surfaces commerciales seront disponibles en cœur de Zac. Deux terrains actuellement non affectés laissent aux opérateurs de la Zac une marge de manœuvre. L’offre est extrêmement variée, et c’était l’objectif : 116 lots libres (au nord et au sud de la Zac), 80 logements locatifs publics, deux îlots en location-accession (21 pavillons au total), trois îlots de logements en accession : Logis Breton (2 immeubles collectifs de 15 et 9 logements), Espacil (ensemble résidentiel de 57 logements) et General Foy Investissements (immeubles collectifs de 60 logements et 16 pavillons). Le cadre est particulièrement séduisant. En contrebas, la plage des Sables Blancs est accessible à pied. Le bocage a été préservé et même complété. L’aménagement de la Zac de Kerauret est aussi l’occasion de mettre en valeur le Vallon des Zins, appelé à devenir un espace vert de proximité. Un cheminement piétonnier sera réalisé en crête de la rive droite du vallon. Côté circulation, une voie primaire va drainer le site d’est en ouest. Elle sera réalisée sous forme d’un mail, planté de part et d’autre d’arbres d’alignement, dimensionné pour le transit des véhicules vers la zone d’urbanisation future située entre le projet actuel et la voie ferrée, le plan local d’urbanisme de Concarneau ayant prévu une extension potentielle de développement urbain dans ce périmètre. Une voie secondaire nord-sud permettra d’assurer pour les futurs habitants de Kerauret l’accès au groupe scolaire du Dorlett et éventuellement au secteur des Sables Blancs. La ZAC s’inscrit dans une politique globale pilotée par l’adjoint au maire de Concarneau responsable de l’urbanisme, Claude Stéphan. Plusieurs opérations ont été récemment menées à bien par l’Opac : rue de Lanriec ; Le Poteau Vert-La Croix Neuve ; rues Jean Bart, Joseph Berthou et Colonel Moll ; Kérancalvez… " Le prix du foncier est parmi les plus élevés de l’ouest. Cela prouve que la commune est attractive, mais nous tenons à ce que les familles à revenus limités puissent s’installer ici ", affirme l’élu. Tous les lots à 53 euros le mètre carré ont trouvé preneur. Il ne restait, début mai, que quelques lots à 69 euros le m2. D’ici à la fin de l’année, tout sera parti. Jean Le Gars, architecte responsable du service technique de l’Opac, et Grégory Merda, responsable des ventes, deux des chevilles ouvrières de l’opération, se disent impressionnés par cette " extraordinaire cadence de vente ". Ils se félicitent aussi d’avoir " respecté l’un des souhaits de la municipalité " : permettre à de jeunes couples concarnois de rester dans la Ville bleue.
Olivier Boyer

 

" Nous sommes habitués aux mutations "

Gilbert Le Bris, député-maire

Ceux qui ne connaissent pas Concarneau ont généralement deux images en tête : le port de pêche et la Ville Close. " Cette représentation est correcte, mais elle sous-estime l’importance de la construction et de la réparation navale qui sont devenus des facteurs d’évolution très forts ", indique le député-maire de Concarneau. " Pour ce qui est du tourisme, le caractère exceptionnel de la Ville Close est évident, mais il ne faut pas oublier les plages, le port de plaisance au cœur de la ville, la mer un peu partout ".

Concarneau, 3e ville du Finistère, est aujourd’hui en pleine mutation. " Nous y sommes habitués ", explique le maire. " Concarneau a toujours su évoluer sans perdre ses traditions. La ville avait aussi besoin d’une grande mutation urbanistique et esthétique ". Quid du faible succès des transports collectifs dans la cité ? " L’avenir appartient aux transports en commun. Nous avons mis en place un réseau qui prend toute sa mesure en été avec la navette gratuite mais aussi tout au long de l’année avec les dessertes scolaires, affirme Gilbert Le Bris. L’utilisation quotidienne de cette offre de transports en commun est relativement restreinte mais elle se développera ". Concarneau grandit. Elle compte aujourd’hui plus de 20 000 habitants, beaucoup plus qu’en 1999, date du dernier recensement. " Notre ville est très attractive ", constate le député-maire. " Mais nous voulons préserver son charme. Pas question d’autoriser des constructions en hauteur sur la corniche. Nous préparons la révision du plan local d’urbanisme (Plu). Nous veillerons à ce que le développement urbain profite à tous et garantisse l’équilibre entre les quartiers ". Concarneau est en quête d’espace pour accueillir de nouvelles activités. Cette démarche, dont l’élaboration du Plu est un élément clé, s’inscrit dans un cadre plus large, celui de la Communauté de communes Concarneau Cornouaille (4C), voire celui de la Cornouaille tout entière. Sur le plan commercial, la ville a longtemps souffert d’un excès de saisonnalité. " Tout ceci est en train de changer, explique le maire. Notre objectif est d’offrir une réponse aux attentes des consommateurs dans tous les domaines. Nous sommes en train de reconquérir notre propre clientèle. " Ce développement commercial concerne également le centre-ville. La réfection des Halles a servi d’élément moteur à un programme plus global de revitalisation. Malgré son remarquable pouvoir d’attraction, Concarneau s’efforce de préserver une " mixité sociale " en ses murs. En clair, pas question que la flambée immobilière actuelle fasse de la cité un lieu de rendez-vous pour riches retraités. " La ville se développe en périphérie, nous voulons également qu’elle se densifie en son centre ", indique Gilbert Le Bris. Comment le député-maire imagine-t-il Concarneau dans dix ans ? " Ce sera une ville qui comptera environ 23 000 habitants, qui, je l’espère, aura conservé ses activités économiques, qui aura élargi son registre dans les domaines de l’agroalimentaire ou des services et qui aura gardé son authenticité et sa qualité de vie ".

Pour réussir tout cela, il faudra que l’esprit concarnois joue à fond. " Nous sommes décrits comme les méridionaux de la Bretagne ", conclut Gilbert Le Bris. " Enjoués, râleurs, sincères, fidèles, attachants, francs comme le sont les gens de mer ".
O.B.

 

" Notre ville change de dimension "

Dany Bellour (adjointe aux affaires économiques)

Le projet d’implantation d’une zone technique petite pêche et plaisance quai des Seychelles, face au slipway (1), constitue l’un des dossiers majeurs actuellement traités par l’adjointe au maire, responsable des affaires économiques, Dany Bellour, en étroite relation avec, notamment, Christian Mingam, délégué au tourisme, au nautisme et au port de plaisance. Parmi les besoins d’ores et déjà recensés : l’implantation d’un engin de levage, une station-service 24h/24 et une aire de carénage. " Nous sommes en train d’étudier les accès avec le Conseil général ", explique Dany Bellour. " Une telle structure nous manquait, explique l’adjointe au maire. Elle peut aussi induire l’arrivée d’entreprises porteuses d’activités complémentaires ". Plus généralement, la municipalité est en quête de marges de développement. " Notre ville est en train de changer de dimension et il nous faut trouver de l’espace, affirme Dany Bellour. Il est indispensable de créer des zones communautaires pour accueillir les entreprises. Pour opérer des choix, nous sommes en attente d’une possible réduction du périmètre Seveso II. " La Ville bleue n’en finit pas de bouger. La municipalité ne tourne pas pour autant le dos aux activités qui ont fait la réputation de Concarneau. Dany Bellour observe avec attention le pari que tentent de relever les actionnaires de la Société d’armement à la pêche concarnoise (SAPC). " Nous croyons beaucoup en cet armement, explique l’élue. Ce sont des acteurs locaux et ils espèrent agrandir leur flottille ". L’adjointe au maire évoque pour finir le " fonctionnement familial " de la zone portuaire, animé par " des décideurs qui ont grandi ensemble ". Cette solidarité portuaire, particulièrement marquée lorsque l’étranger, surtout lorientais, pointe le bout de son nez, constitue un atout appréciable. " Beaucoup de ports nous l’envient ", sourit Dany Bellour.
O.B.


Avertissement

Ce dossier a pour vocation de proposer à l’ensemble des Finistériens une vision globale des enjeux qui conditionnent l’avenir économique de Concarneau (pêche, mais aussi urbanisme, tourisme et commerce). Il n’a pas pour objectif de traiter d’une manière exhaustive le dossier du devenir du port, dans le cadre notamment de sa future décentralisation, ni de décrypter les mouvements capitalistiques qui concernent une partie des armements, ni de détailler le rôle clef que jouent des structures telles que l’Interprofession du port de Concarneau (IPC) – qui regroupe une cinquantaine d’entreprises employant un millier de salariés pour un chiffre d’affaires de 115 millions d’euros –, et la Société d’exploitation des moyens de carénage (Semcar) qui gère les principaux équipements du port (élévateur de 2000 tonnes, slipway de 350 tonnes et cale sèche). Chacun de ces éléments décisifs pour la vie économique concarnoise représente un dossier en soi… et sera traité comme tel en temps opportun.
O.B.

 


Criée : dynamisme et inquiétude

C’est à six heures précises que commence la vente de poissons sous la criée de Concarneau. Un monde à part, essentiellement masculin comme il y a soixante ans. Ce matin, une bonne vingtaine de mareyeurs et représentants de magasins de marée se rassemblent autour des caisses de poissons remplis de cabillauds, sabres, grenadiers ou merlans – au total une trentaine d’espèces –, des poissons pêchés dans les hauts-fonds au nord et à l’ouest de l’Ecosse par les chalutiers semi-industriels concarnois. Comme toute chose, la criée s’est modernisée… La vente aux enchères commence dès l’arrivée de la mobiclock, sorte de machine-vélo couplée à un ordinateur, utilisée par le crieur qui ne porte plus très bien son nom. Car le crieur ne déclame plus son jargon hermétique. Il affiche en lettres rouges les prix, les tonnages et la provenance du poisson sur l’écran noir de sa mobiclock Munis d’un émetteur, les clients achètent les lots dûment identifiés durant la nuit à la sortie des cales des bateaux. " La mobiclock est très pratique ", confie le directeur de la criée, Yves Guirriec. " Les données sont centralisées par l’ordinateur. C’est un gain de temps considérable. " Au même moment, à l’autre bout de la criée, on vend les produits de la pêche côtière et artisanale. Ce matin, plusieurs tonnes de poissons sont exposées ainsi que des crabes et de la langoustine. La saison de la petite bête rose vient tout juste de débuter. Elle se terminera vers la mi-juillet. Une bonne cinquantaine de commerçants ambulants venus, pour les plus courageux, de Brest ou de Mûr-de-Bretagne, font leur marché équipés eux aussi d’un émetteur pour faire leurs enchères. " Les commerçants apprécient ces horaires car ils achètent du poisson frais ", indique Yves Guirriec. La chute des tonnages au fil des années due en grande partie à la baisse importante du nombre d’unités de pêche semi-industrielle immatriculées à Concarneau, inquiète les professionnels. L’accélération récente des mouvements capitalistiques, souvent peu lisible par les non-initiés, n’a rien fait pour réchauffer l’ambiance sur les quais. Pas plus que le projet de casse des trois thoniers de Comasud évoquée fin avril dans la Ville bleue.
Isabelle Calvez

 

" On ne se résigne jamais ! "

Jean-Pierre Salaün (président du Comité local des pêches)

La société d’armement à la pêche concarnoise (SAPC), constituée par plusieurs acteurs économiques portuaires, parmi lesquels Jean-Pierre Salaün, président du Comité local des pêches, pour maintenir la flottille hauturière, a acquis son troisième navire fin 2003. La SAPC apporte une lueur d’espoir pour le port et la criée de Concarneau.

" Il ne faut pas se voiler la face, la situation du port n’est pas des meilleures ", euphémise Jean-Pierre Salaün. " Mais depuis un an, on a réussi à freiner, à maintenir un tonnage. Le problème, c’est que à cause des règlements communautaires, les gens naviguent à vue. Ils sont dissuadés d’investir ou de reprendre un bateau. La pêche n’attire pas les capitaux. Chez nous, il n’y a pas de rentabilité à deux chiffres ". Dommage, poursuit-il, parce que " quand un armement à la pêche se développe, ça crée de l’emploi et du pouvoir d’achat, mais peu de gens pensent à ça ". Jean-Pierre Salaün lui y pense, et c’est la raison pour laquelle il s’est lancé dans l’aventure de la SAPC, une initiative résolument offensive, anti-résignation, anti-fatalité. " Tous les actionnaires sont Concarnois et exercent une activité liée à la mer ", rappelle le président du Comité des pêches. " Chacun en retire la satisfaction de faire quelque chose pour son port ". Ces trois chalutiers, achetés d’occasion, symbolisent un état d’esprit. " Notre atout, c’est cette forme de citoyenneté économique, alors qu’il n’y a rien de plus facile à délocaliser qu’un armement à la pêche ". L’amour que nourrit Jean-Pierre Salaün pour son port ne le rend pas aveugle pour autant. " Dans le Pays bigouden, il y a une fierté, un esprit d’entreprise artisanal. Chez nous, l’école c’était la pêche semi-hauturière et après on se mettait à son compte. A Concarneau, on avait plutôt un esprit de salarié ". Jean-Pierre Salaün perçoit la récente stabilisation du tonnage avec un certain recul : " A la limite, ça ne pouvait pas tomber plus bas ! L’ancien modèle concarnois ne fonctionne plus. Avec mes actionnaires, on aimerait continuer à acheter du bateau, mais il nous faut trouver de l’argent. " Sachant que les subventions expirent à la fin de l’année. Et puis, il y a le problème des équipages. " C’est difficile de trouver des marins dans une civilisation de loisirs ", ironise Jean-Pierre Salaün, qui n’est pas avare d’anecdotes sur le sujet. Avant toute chose, le président du Comité local de pêche se refuse à envisager que Concarneau puisse devenir une espèce de port musée, où la plaisance aurait effacé la pêche professionnelle. " Je ne sens pas de volonté politique efficace ", regrette Jean-Pierre Salaün. " On attend de nos élus qu’ils portent nos projets ". A ses yeux, en revanche, la CCI a fait " de très gros efforts concernant les frais de débarquement ". Mais ce n’est pas suffisant pour attirer les bateaux de l’extérieur. " Chacun a ses habitudes portuaires ", constate Jean-Pierre Salaün. " La seule chose qui peut attirer, c’est le prix du poisson pratiqué. Sans bon prix, aucun bateau ne vient ". A la SAPC, Jean-Pierre Salaün s’efforce de proposer des salaires corrects. " Nous avons créé un nouveau modèle où les actionnaires n’attendent pas de retour financier. Pendant les premières années, il n’y aura pas de versement de dividendes ", explique le président du Comité local des pêches. " Cette société est née d’une idée simple ; nous en avions ras le bol de voir décliner le port ! Ici, on ne baisse pas les bras, on ne se résigne jamais ! ".
Olivier Boyer

 

Un travail de fond sur l’avenir du port

Alain Schlesser (directeur général de la CCI de Quimper)

Dans son bilan 2003 de " Cornouaille, port de pêche ", la CCI de Quimper constate que le port de Concarneau " présente une nouvelle fois des chiffres à la baisse du fait de la vente ou de la délocalisation de bateaux semi-industriels ". La baudroie, l’églefin, le cabillaud et la sardine sont les principales espèces débarquées en tonnage, mais " on oublie souvent que la pêche côtière est aussi une activité importante de la criée de Concarneau avec 2 300 tonnes débarquées pour 2,6 millions d’euros ". Avec un tonnage global de 14 500 tonnes en 2003 (-12 % par rapport à 2002), le port de Concarneau reste un poids lourd… en perte de vitesse. En fait, il semble que l’on assiste d’une part à un certain effet de seuil (avec une baisse globale désormais relativement contenue) et d’autre part à la confirmation d’un changement de modèle. Les pêches artisanale et côtière ne se portent pas mal. La bolinche tient bon. En revanche, la pêche semi-industrielle qui a longtemps symbolisé la vitalité du port poursuit son repli. Dans le même temps, le thon tropical donne actuellement satisfaction. Il reste qu’en dix ans, le quartier maritime a perdu un tiers de ses marins-pêcheurs et de ses navires. Comment ne pas voir ses absences dans le paysage ?

" Nous croyons que la baisse est maintenant enrayée ", affirme le directeur général de la CCI de Quimper, Alain Schlesser. " Certains systèmes de pêche ont été remis en question, mais pas le port dans son ensemble. Il faut éviter tout amalgame ". Le DG de la CCI souligne la " grande bouffée d’oxygène " apportée par la SAPC, tout comme, plus globalement, l’importance locale du mareyage. " Ne soyons pas pessimistes. Nous avons réglé le problème des dockers. Par ailleurs, la construction navale constitue aujourd’hui le deuxième pilier du port ", poursuit Alain Schlesser. " Le port devrait se stabiliser entre 15 et 17 000 de tonnes, avec beaucoup de produits à forte valeur ajoutée ".

Concernant le dossier de la décentralisation du port, des études ont été cofinancées par le Conseil régional et le Conseil général. " Le port sera départemental ", rappelle Alain Schlesser. Pour faire avancer les choses, une réunion mensuelle en préfecture regroupe tous les acteurs du dossier. Les menus sont copieux : sécurité, travaux sur le plan d’eau, utilisation de la cale sèche et des engins de carénage, interface ville-port. " Nous pilotons ensemble un projet pour demain, à l’instigation de Jean-Yves Labbé ", indique Alain Schlesser. Le dossier du parking (et des bâtiments) est également à l’ordre du jour. L’existence de cette emprise foncière bien placée pourrait à terme permettre la mise en œuvre d’un projet structurant pour la ville de Concarneau, marquant la vocation balnéaire de la Ville bleue. " Nous souhaitons que la cession du terrain par l’Etat favorise une restructuration et une recapitalisation du port ", explique le directeur général de la CCI de Quimper. " Concarneau est en mesure de devenir un pôle touristique fort, conclut-il. Nous menons avec les acteurs concarnois un travail de fond pour tracer l’avenir du port. Certains problèmes structurels ont été réglés, d’autres sont en passe de l’être, notamment grâce à la décentralisation ".
O.B.

 

" Concarneau est un atout "

Guy Cotten, Pdg de la marque l’abri du marin.

"Jamais je ne me serai installé ailleurs qu’ici ". Ici, c’est Concarneau, le berceau de Guy Cotten, cet homme de 68 ans, qui, depuis 1964, tient à bout de bras une des plus grosses entreprises concarnoises. Bien que né à Saint-Yvi, " dans la campagne ", c’est la mer et plus précisément l’activité portuaire qui l’ont toujours intéressé. " Concarneau est un atout compte tenu de notre activité. Quand on fabrique des vêtements de mer, mieux vaut être près des marins, des plaisanciers. Et qui, dans le milieu maritime, ne connaît pas le port de Concarneau ? Cela nous apporte un plus surtout à l’export ".

Guy Cotten a toujours le regret de n’avoir pas pu installer son entreprise sur les quais. " A l’époque, on estimait que mon activité n’était pas assez maritime pour cela ". Il s’est donc contenté en 1971 d’un terrain à Pont-Minaouët, la frontière entre Concarneau et Trégunc. Mais sont cœur est bien à Concarneau. D’ailleurs, dès qu’une opportunité s’est présentée, il a acquis un terrain au Moros où l’un de ces ateliers a été construit, atelier transformé ensuite en magasin. Concarneau et Guy Cotten vont donc main dans la main depuis belle lurette. Et celui qui a lancé le ciré jaune est fier de porter les couleurs de la ville bleue. C’est dans cet esprit qu’il a lancé il y a neuf ans maintenant la baignade des otaries, le jour de la saint Sylvestre, " pour montrer que l’on pouvait se baigner même en hiver ". Avec des maillots isolant Cotten ou sans, selon que l’on est frileux ou pas ! Une manifestation qui a eu les honneurs des médias, télés comprises. " Une publicité pour nous, certes, mais pas seulement, loin s’en faut ". La ville a eu sa part de succès avec à la clé l’image d’une commune qui, avec ses entreprises, sait créer l’évènement, prendre des initiatives, bouger.

L’entreprise Cotten, aujourd’hui, emploie 200 personnes sur les trois sites de production qu’elle a développés, à Concarneau, à Riec-sur-Bélon, dans le Morbihan et 2 000 pièces sont découpées quotidiennement dans ces ateliers et 450 000 articles confectionnés par an. Au fil des ans et avec la multiplication des grandes courses au large, la gamme des produits s’est très largement étoffée. Après la célèbre veste cirée Rosbras, à glissière et double patte velcro, ce sont des cottes à bretelles, des vestes de quart, des pantalons à sangle d’amarrage, des vêtements polaires, combinaisons de navigation, des gilets… qui sortent des ateliers. Une gamme sécurité, une gamme haute mer, une autre loisirs ou polaires, les différents articles sont expédiés dans des magasins ou comptoirs maritimes sous l’appellation L’abri du marin. Et cela en France et à l’étranger. La société Guy Cotten couvre en effet une grande partie du marché mondial du vêtement de mer (plus de vingt pays) avec ses filiales en Grande-Bretagne, en Espagne, aux Etats-Unis et un réseau très dense de distributeurs.

Guy Cotten a su garder le cap et imposer son petit bonhomme jaune, son logo dessiné par le Quimpérois Alain Le Quernec. Un petit bonhomme aujourd’hui connu et reconnu et qui plaît puisque 95 % des marins pêcheurs et 50 % des plaisanciers l’ont adopté.
Sylvie Béchet

 


Le monde est sa maison

Michel Kerscaven (Barillec SA).

L’ouverture au monde, par nécessité et par goût, telle pourrait être la devise de Barillec SA et de son Pdg, Michel Kerscaven. Société spécialisée en électricité industrielle et maritime, l’entreprise concarnoise emploie aujourd’hui 142 salariés sur sept sites : Concarneau (siège social), Brest, Quimper, Quimperlé, Lorient, Ploemeur et, plus récemment, Pontivy. L’entreprise a vu le jour dans la Ville bleue en 1957. Depuis elle a approfondi ses savoir-faire initiaux et en a développé de nouveaux. La carte de visite est impressionnante : électricité, automatisme, rebobinage, électronique, informatique… Sur les marchés maritimes, Barillec intervient surtout en construction neuve mais vise également les opportunités offertes par la réparation navale via la cale sèche concarnoise. La matière grise est importante : 38 ingénieurs et techniciens sont projetables à tout instant dans le monde entier. Ils interviennent en ingénierie et travaux sur l’électricité traditionnelle mais aussi sur les systèmes de contrôle-commande d’appareils propulsifs, l’automatisation des installations diverses des navires, les systèmes de gestion d’énergie, la centralisation des données, la motorisation électrique d’équipements jusqu’à 1 500 kW. Les circuits de communication et de sécurité embarqués devenant de plus en plus sophistiqués, Barillec a mis en place une équipe vouée au développement d’offres en matière de réseaux informatiques, interphonie et téléphonie, détection incendie, télévision par satellite et système de surveillance vidéo.

Les ateliers concarnois sont dédiés à la fabrication d’armoires de puissance et de commande, de pupitres machine et passerelle avec intégration des équipements de commande du navire et de surveillance des installations. Les ateliers de Brest, Quimperlé et Ploemeur sont spécialisés dans la maintenance et le rebobinage des machines électriques tournantes couvrant une large gamme de puissances. La société est référencée dans de nombreux secteurs d’activité : militaire, pêche, remorquage et assistance, plaisance, transport, paquebots, navires spécialisés… " Nous sommes historiquement et culturellement attachés à Concarneau dont nous partageons le ‘’fighting spirit’’(l’esprit de combat) ", affirme le Pdg, Michel Kerscaven. " L’omniprésence de la mer nous incite à rechercher des marchés toujours plus loin. Notre position excentrée nous oblige à beaucoup voyager. " En dehors des interventions ponctuelles, des équipes opèrent actuellement dans les lointaines terres françaises, en Nouvelle-Calédonie, mais aussi au Maroc et au Gabon. Barillec, qui a depuis longtemps fait ses preuves dans le domaine militaire, est très attentif aux futurs développements du projet de second porte-avions français. En attendant, la firme concarnoise intervient sur deux BPC (bâtiments de projection et de commandement) en construction. La société entend bien continuer à mettre en avant ses atouts : ouverture, réactivité, formation permanente à l’international… En somme, selon son Pdg, optimiser " une capacité de projection qui nous permet de réaliser ou de faire réaliser des projets à grande distance ".
O.B.

 

" La révision du plan local d’urbanisme est décisive "

Francis Rozé (président de la commission économique de la 4C).

Vice-président de la 4C, la communauté de communes Concarneau Cornouaille, Francis Rozé, maire de Saint-Yvi et Rémi Bonjoux, responsable économie-tourisme, sont les plus à même de rappeler une réalité méconnue : économie et tourisme sont des compétences communautaires obligatoires depuis le 1er janvier 2002. " Nous gérons l’équilibre entre la grande commune et les plus petites ", affirme Francis Rozé, soulignant au passage que l’un des premiers projets économique de la 4C, la création d’un atelier-relais s’est fait à Tourc’h (836 habitants en 1999). " Nos liens sont forts avec la ville de Concarneau, affirme Rémi Bonjoux. Nous sommes en relation permanente pour ce qui est des projets présentés en Commission départementale d’équipement commercial (CDEC), des aménagements du centre-ville (actuellement, le déménagement de l’ANPE à Kerampéru) ou du tourisme. " La 4C perçoit le produit de la taxe professionnelle unique, près de 9 millions d’euros, dont elle reverse une majeure partie aux communes. Le système invite au dynamisme collectif. " La TPU sert essentiellement à financer nos nouvelles compétences ", explique Rémi Bonjoux. la 4C est très attentive à la révision prochaine du plan local d’urbanisme. La gestion locale de l’urbanisme et du foncier est décisive pour le développement commun. " C’est à nous qu’il revient de développer des zones d’activité, mais il faut pour cela qu’elles soient inscrites dans le Plu ", poursuit Rémi Bonjoux. De quelque manière que l’on aborde le problème, les destins de Concarneau et de la 4C sont profondément imbriqués. " Si l’on a des sorties de bateaux ou des délocalisations d’entreprise, ça pèse directement sur nos moyens d’action ", explique le responsable du service économie-tourisme de la 4C. Le service économie-tourisme est l’interlocuteur de toute entreprise désireuse de se créer, de s’implanter ou de se développer localement. Il tient à jour un catalogue des terrains disponibles. Il travaille en réseau avec les chambres consulaires du département (CCI, chambre de métiers…). En ce moment, le service est mobilisé par une étude Bretagne Qualiparc (financée par le Conseil régional et les conseils généraux bretons) qui vise à optimiser et harmoniser l’implantation et le fonctionnement des zones d’activités. " Il est clair que dans le cas de Concarneau, le site de Coat Conq est étudié de près ", sourit Rémi Bonjoux. Second gros chantier en cours : le schéma de développement commercial, conduit en étroite collaboration avec la ville de Concarneau, la CCI et la chambre de métiers. Autre projet : la pépinière d’entreprise dont on peut espérer qu’elle s’implantera un jour à Coat Conq, ou ailleurs. " Tout dépend de l’évolution du périmètre Seveso II, et nous n’avons aucune maîtrise là-dessus, seulement une anticipation positive ", explique Rémi Bonjoux. Le foncier est au cœur des réflexions. " Dans le domaine public, il n’y a actuellement pratiquement aucune disponibilité à Concarneau. Il en existe d’ailleurs assez peu sur l’ensemble de la 4C ", indique-t-il. " Nous travaillons d’abord sur l’offre. Ensuite, nous pourrons mener des opérations de promotion. " La révision du plan local d’urbanisme de Concarneau est " extrêmement importante pour nous ", insiste Francis Rozé. 2004, l’odyssée de l’espace…
Olivier Boyer

 

" Il y aura des jours meilleurs "

Jacques Piriou

La compagnie bretonne de cargos frigorifiques (Cobrecaf) vient de commander un thonier senneur de 83 mètres aux chantiers Piriou. Le navire devrait être livré à la Cobrecaf, spécialisée dans la pêche au thon tropical et qui vient de passer sous le contrôle de la STP, groupe d’armement franco-néerlandais, dans un an et demi avec à la clé une facture estimée à près de 22 millions d’euros. Une bonne confirmation de l’image de fiabilité dont jouit le chantier concarnois qui emploie 220 salariés et affiche un chiffre d’affaires d’environ 60 millions d’euros. Actuellement, le chantier construit un palangrier et un chalutier Intermarché. Le premier devrait être livré fin juin, le second en novembre. Grâce à une diversification hors pêche entamée depuis plus de dix ans (bateaux d’assistance offshore, remorqueurs…), Piriou maintient une vitesse de croisière très convenable par les temps qui courent. " Notre plan de charge est rempli pour 2005. En moyenne, sur les quatre dernières années, nous sommes à 50 % sur la pêche et 50 % sur les bateaux de servitude ", explique Jacques Piriou. Pour gagner des marchés, le chantier concarnois reste en veille permanente, mais les temps sont durs.

Face aux incertitudes de la conjoncture, Piriou s’intéresse de près aux " bateaux gris ". Sur le créneau des vedettes (Douanes, Affaires maritimes, gendarmerie maritime) ou des petites unités d’assistance et de soutien, Piriou se sent, à juste titre, parfaitement dans son élément. " Nous commençons à répondre à des appels d’offre en réparation. Quand on travaille à l’export, il est très important de mettre en avant des marchés avec la Marine nationale, explique Jacques Piriou. Nous devrions obtenir quelques contrats de réparation dans les mois prochains pour des bateaux de moins de 100 mètres. Ce qui nous permettra de faire nos preuves dans le domaine des marchés d’Etat. Comme toujours, nous progressons à petits pas et nous allons adapter nos structures à la demande. " Les Chantiers Piriou ont également fait acte de candidature pour la construction de vedettes des Douanes françaises. Pour le reste, à l’export, " il est certain que l’on ne peut s’en sortir que par la valeur ajoutée, la compétence technique et le savoir-faire ", affirme Jacques Piriou. Le regard de l’entrepreneur sur le port de Concarneau est lucide : " Ces dernières années, nous avons pris une grosse gifle. La flottille vieillit. La pêche artisanale s’est effilochée. Ceux qui croient au renouvellement de l’outil ont les pires difficultés à monter des dossiers. Il y a pénurie de marins. Ce mélange ne donne pas des perspectives d’avenir très réjouissantes ". Et pourtant, Jacques Piriou y croit. " Ici, ça bouge partout. On ne peut pas continuer à décroître sans réagir. On s’en sortira tous ensemble. Les Concarnois ont l’habitude de se battre et ils ne baissent jamais les bras, affirme-t-il. Le port connaît en ce moment de nombreux mouvements capitalistiques qui sont, d’une certaine manière, plutôt encourageants. Ici, il y a des gens qui croient au pavillon, à la flotte, aux entreprises et aux marins français. Nous avons vécu une période extrêmement difficile. Il y aura des jours meilleurs ! "
O.B.
 

" Cultivons notre jardin ! "

Pierre-Yves Nicot

Pour le groupe Nicot, le dossier armement appartient désormais au passé. Ce qui ne veut pas dire que le patron du groupe n’a pas tout fait pour sauvegarder jusqu’au bout l’intérêt concarnois. Le risque de délocalisation (vers Lorient) n’était pas seulement une rumeur. " L’armement reste ici, c’était un point clé pour nous d’avoir cette garantie ", explique Pierre-Yves Nicot. Il reste qu’aujourd’hui, " la pêche demande de gros moyens et implique de pouvoir assumer des risques importants ". Un changement d’échelle qu’illustrent les nombreux mouvements capitalistiques qui marquent actuellement la vie de la zone portuaire. La reprise complète de l’armement par Intermarché apparaissait depuis longtemps inexorable.

Aujourd’hui, le groupe Nicot se recentre sur ses points forts, et ils sont nombreux. En premier lieu, le jardinage, activité originelle de la famille. " La graine a engendré le bateau qui a conforté la graine ", poétise le Pdg. La jardinerie représente un bon tiers du chiffre d’affaires annuel (30 millions d’euros au total) d’un groupe qui emploie 240 salariés. Les entrepôts frigorifiques, les surgelés et Savormer complètent les rentrées. Sous l’enseigne Truffaut, le groupe possède deux jardineries, à Quimper et Lorient. " C’est un marché porteur que nous allons dynamiser et développer ", explique le secrétaire général du groupe Nicot, Claude Seildel. Deuxième pôle d’activité de Nicot : les entrepôts frigorifiques. Actuellement, la capacité de stockage s’élève à 100 000 m2, principalement sur le site du Moros. Mais il existe aussi deux chambres froides à Douarnenez. " Dans ce secteur, nous sommes plutôt en position d’attente, explique Claude Seildel. Notre valeur ajoutée devrait davantage reposer à l’avenir sur nos prestations en matière de congélation. "

Troisième pilier du groupe, Nicot Surgelés, distribué sous l’enseigne Thiriet, comporte 900 références, dont près de 600 plats cuisinés. Il compte actuellement deux magasins, l’un à Concarneau, l’autre à Quimper. " Nous souhaitons en construire d’autres dans des villes moyennes ", indique Claude Seildel. Côté vente à domicile, Nicot Surgelés dessert 25 000 clients, dans le Finistère et le Morbihan. " La troisième activité de Nicot Surgelés, la restauration hors domicile (RHD), a été rachetée en 2002 par la société Dipral de Locminé ", rappelle le secrétaire général du groupe.

Quatrième pilier de la maison Nicot : Savormer, spécialisée dans le développement et la fabrication de plats cuisinés à base de produits de la mer. " C’est une usine de production, essentiellement de coquilles Saint-Jacques. A l’origine, la vente s’effectuait par le biais de Nicot Surgelés et de Dipral. Désormais, elle repose également sur le réseau de Thiriet en France, ce qui a permis un décollage de l’activité ", indique Claude Seildel. Le patron, Pierre-Yves Nicot est un observateur avisé de la vie économique concarnoise. " Il y a effectivement, à moyen terme, des reconversions à préparer vers le tourisme et les loisirs, explique-t-il. Nous croyons fort en Concarneau. Cette ville est attachante. Tout le monde ici se serre les coudes face à l’extérieur, notamment face aux ambitions lorientaises. Pour ce qui nous concerne, nous développons de nouveaux métiers. Le groupe a cinquante ans, il est en pleine mutation et aussi, parce qu’il faut bien vivre, en quête de valeur ajoutée. "
O.B.

Les délices de la mise en boîte

Jacques Gonidec (Les Mouettes d’Arvor)

Sardines, maquereaux, anchois, thon blanc, thon albacore, spécialités (Saint-Jacques, soupe de poisson, bisque de homard, mousses), la conserverie Gonidec navigue depuis quarante-cinq ans entre tradition concarnoise et modernité, en maintenant le cap de la qualité. De sa naissance passage Lanriec en 1959, l’entreprise a conservé une certaine manière de produire. " Il n’a jamais été question de toucher au process qui a fait notre renom ", explique Jacques Gonidec. Quand il a repris les rênes, il s’est en revanche fixé deux objectifs : développer le marketing et l’image d’une part, construire une usine aux lignes modernes d’autre part. Les résultats sont là : 5 millions de boîtes de conserves produites pour un chiffre d’affaires de 6,5 millions d’euros. Le volume de production a été multiplié par cinq en dix ans.

" Nous continuons de produire des boîtes de sardines à l’ancienne en respectant les méthodes de mon père, avec les temps de saumurage, de séchage et de cuisson ", poursuit Jacques Gonidec. " Nous n’avons pas changé non plus nos approvisionnements, avec 90 % de sardines fraîches en saison. Nous avons du poisson frais local de l’ouverture de la campagne en mai jusqu’au mois d’août. Ensuite, on fait venir des sardines de Méditerranée. En automne ici, nos pêcheurs sont plutôt sur l’anchois. Ponctuellement, nous avons aussi recours à des sardines pêchées en mer Adriatique ", explique-t-il. L’entreprise emploie 47 salariés permanents en contrat à durée indéterminée et sept à huit saisonniers. Gonidec est célèbre pour ces boîtes illustrées en séries limitées qui font le bonheur des collectionneurs. Commercialement, l’enjeu était pour Jacques Gonidec de faire de la sardine un plat à part entière et de rompre l’équation simpliste sardine = hors d’œuvre. Essai transformé puisque les enfants craquent pour les sardines au beurre et sel de Guérande prêtes à poêler et que tout un chacun se délecte des sardinettes à l’huile d’olive ou au piment d’espelette. Jacques Gonidec a également lancé un nouveau contenant : le bocal. A l’intérieur, des filets de thon blanc germon pêché à la ligne. " Les bocaux nous ont ouverts de nombreux marchés dans les épiceries fines, se félicite-t-il. Le chef d’entreprise résume son concept : " Tous les ingrédients de Concarneau dans une même boîte. "

Un concept qui a trouvé preneur dans de nombreuses grandes surfaces et épiceries fines parisiennes mais aussi au Bénelux, en Angleterre, en Allemagne, en Australie, à Dubaï… et dans les caves à vins new-yorkaises. Une large diffusion qui donne à Jacques Gonidec la volonté de mettre en place une véritable structure dédiée à l’export. " Nous continuons à offrir des produits de qualité avec l’ambition de devenir incontournable dans notre domaine. " Les Mouettes d’Arvor n’ont pas fini de prendre de la hauteur.
O.B.

 

Marché et halles : essentiels !

Pour redonner du souffle à la vie commerciale du centre-ville, la municipalité de Concarneau avait bien compris voici cinq ans que l’aménagement des places, des parkings et des halles de l’hyper-centre devenait urgent. C’est aujourd’hui chose faite. Les halles ont été modernisées et la dernière tranche des travaux d’aménagement des places qui ont pris en compte l’accueil bihebdomadaire du marché de plein air (lundi et vendredi matin), sera terminée avant la saison touristique. Globalement, les seize commerçants installés sous les halles, spécialisés en produits alimentaires (poissons, légumes, fromages) ne sont pas mécontents de leur sort et apprécient les nouvelles installations dont ils bénéficient. " Nous disposons désormais d’un bon outil de travail, affirme un poissonnier, présent sous les halles depuis 1988. Nos stalles sont plus faciles à nettoyer. Elles sont plus pratiques. "

Ambiance conviviale
Toutefois, l’heure n’est pas à l’euphorie. Ils conviennent tous que la société et la manière de consommer changent et que leur clientèle, composée en grande partie de personnes âgées, ne se renouvelle pas facilement. Les prix sous les halles sont réputés élevés. " La fraîcheur et la qualité de nos produits se payent forcément ", tempère le poissonnier. La crémière, anciennement déléguée des commerçants fait le même constat. " Nous voulons terminer nos carrières ici, explique-t-elle. Pas question d’aller ailleurs car l’ambiance est conviviale, très sympa. " Pour s’en sortir financièrement, comme trois de ses collègues, elle déballe ses fromages les vendredis et samedis en soirée, de 17 h à 19 h, et travaille le dimanche matin. Finalement, ce sont les marchands de fruits et de légumes qui souffrent le plus des nouvelles mentalités et de la concurrence des grandes surfaces. " Nous ne pouvons plus rivaliser au niveau des prix avec la grande distribution ", admet l’une des marchandes. " Dans dix ans, les halles n’existeront plus, prédit-elle. Et d’ailleurs, une stalle vide depuis deux ans n’a toujours pas pris preneur. C’est bien un signe ! "

Dans l’ensemble, les seize commerçants des halles se sentent écoutés par la municipalité dont ils sont les locataires. Plusieurs d’entre eux ont adhéré à l’union commerciale de Concarneau restructurée depuis peu. Le marché de plein air de la ville bleue programmé le vendredi matin est l’un des plus importants du Finistère. La partie alimentaire est installée en face des halles sur la place du 8 mai et celle réservée aux tissus, à la maroquinerie et à l’artisanat s’étend à nouveau, depuis la fin des travaux d’aménagement, sur la totalité de la place Jean-Jaurès. Les ambulants, qu’ils soient titularisés ou passagers, viennent de tout le Finistère mais aussi du Morbihan et de la Loire-Atlantique. Les non titulaires comptent sur le tirage au sort pour décrocher une petite place très enviée surtout en période estivale. La présence de nombreux producteurs attire une clientèle extérieure à Concarneau. Loin d’être concurrentiel, le marché contribue à renforcer l’ambiance commerciale du centre-ville.
Isabelle Calvez

 

L’union fait la force

Concarneau compte plus de 600 commerces implantés dans l’hyper-centre, dans les nombreux quartiers éclatés de la ville bleue ou dans la zone commerciale de Kérampéru qui connaît depuis quelques années un boom considérable. 94 de ces commerces ont adhéré à l’Union commerciale de Concarneau créée en mars 2003, deux ans après la mise en " stand-by " de l’ancien groupement des commerçants, Concarneau boutiques. Vingt personnes œuvrent au sein d’un conseil d’administration composé de deux commissions : aménagement et animation. Pour plus d’efficacité encore, des délégués représentent les différents quartiers de Concarneau. " La majorité de nos adhérents a accepté l’entrée au sein de l’union des trois grandes surfaces de la ville, Leclerc, Champion et Intermarché ", indique Daniel Donnard, président du groupement et directeur de " Sport pour tous ".

" C’est une première à Concarneau et pour l’instant nous ne regrettons pas notre choix. Les responsables de la grande distribution sont conscients qu’il ne faut pas déséquilibrer le marché. " Le directeur de " Harris ", commerce spécialisé dans le prêt-à-porter de moyenne et haute gamme, est lui aussi très favorable à ce partenariat. " L’union fait la force. L’essentiel est que les petits commerces aient leurs propres spécificités pour arriver à une certaine complémentarité. A l’extérieur, Concarneau a la réputation d’une ville dynamique, riche de boutiques très différentes. " C’est donc dorénavant main dans la main que les grandes enseignes situées pour la plupart en périphérie, formidables vecteurs de dynamisme, et les petits commerces du centre-ville luttent pour rendre leur cité plus attractive. Tous ont contribué, à leur niveau, au succès des " Concarnoël ", animations de fin d’année mises en place l’année dernière. " Le bilan est encourageant pour l’avenir ", affirme Daniel Donnard qui a eu le mérite, grâce à son expérience, de réussir à remobiliser les troupes. Mais le succès de l’union ne s’arrête pas à ces animations. Entendues et surtout encouragées par la municipalité, certaines de ses revendications ont été prises en compte, comme le droit de stationner sur la place Jean-Jaurès en période hivernale, la gratuité du stationnement en été de 12 h 30 à 14 h et enfin l’obtention d’un abattement de 50 % sur le droit de place pour les commerçants victimes des nuisances occasionnées par les travaux d’aménagement. Reste maintenant à garder le cap et à conserver l’enthousiasme…
Isabelle Calvez

 

"L’ utilité sociale " du commerce

Jean-Michel Bordais (Centre Leclerc Concarneau).

Le directeur du Leclerc est un homme curieux de tout. Sur son bureau, le dernier ouvrage de Stephen Smith, journaliste au " Monde ". Il dirige un grand vaisseau commercial qui emploie 230 salariés (300 en été), propose 100 000 références à sa clientèle et dispose de 900 places de parking.

Le Centre Leclerc concarnois est aujourd’hui en plein renouveau. Les travaux en cours vont permettre d’augmenter la surface de vente d’un millier de mètres carrés. La Commission départementale d’équipement commercial a également autorisé la création d’un espace culturel de 650 m2. Le chantier a commencé voici presque un an et va se poursuivre pendant deux années. Des réserves souterraines et aériennes vont être créées, afin de consacrer le maximum de surface à la vente au rez-de-chaussée.

Le futur espace culturel représente pour Jean-Michel Bordais un véritable enjeu personnel. " Ma passion, c’est le livre, explique-t-il. Quand je vois un enfant en train de lire devant un rayon, je suis heureux. La lecture symbolise l’évasion, l’émotion, l’ouverture. " Cette démarche volontariste est d’autant plus précieuse que, rappelle-t-il, " le taux de lecture est à Concarneau inférieur de 25 % à la moyenne nationale ". Actuellement, poursuit Jean-Michel Bordais, " deux achats de livre sur trois s’effectuent en dehors de la commune ".

Leclerc a l’ambition d’apporter en la matière un très utile complément d’offre. Fortement impliqué dans " Produits en Bretagne ", le patron du Leclerc concarnois fait preuve d’une vision économique globale, profondément inscrite dans le territoire. " Ce qui m’intéresse, ce sont les projets collectifs pour la Bretagne. Les paysans ont des problèmes de rentabilité, nous essayons de trouver des solutions pour améliorer leur revenu. " Jean-Michel Bordais joue pleinement son rôle d’acteur économique ancré dans sa région. " Nous sommes des observateurs privilégiés des attentes du consommateur, notre devoir est de transmettre ces informations aux producteurs agricoles. " Jean-Michel Bordais se sent bien ici. " Il y a dans cette ville des hommes et des femmes d’une qualité extraordinaire. Dans chaque profession, il y a des leaders de grand talent. C’est un atout pour la ville. "

Par ailleurs, l’attachement farouche des Finistériens à leur terre induit la présence d’un " personnel surformé ". Le succès des lotissements de Kerauret ne surprend pas le directeur du Leclerc : " Les gens ont confiance dans les atouts de Concarneau, dans ses capacités d’adaptation. Il ne faut pas opposer les développements. Sans industrie, il n’y a pas de commerce, mais l’inverse est également vrai ", conclut Jean-Michel Bordais. " En France, il existe une forte réticence à accepter l’utilité sociale du commerce. Dans de nombreux pays modernes, celle-ci est pourtant largement reconnue. La Bretagne n’est jamais aussi forte que lorsque les gens travaillent ensemble. "
Olivier Boyer

 


En quête d’équilibres

Christine Tréguier (déléguée au Commerce).

" On a l’impression que Concarneau n’a pas réellement de centre-ville mais qu’il possède un site touristique. " C’est l’une des phrases clés du rapport remis fin 2000 à la municipalité par SM Conseil. Un document intitulé " Etude de l’appareil commercial du centre-ville de Concarneau ". A cette époque, les auteurs recensaient 555 " cellules commerciales " actives, dont 257 en centre-ville. Ils constataient le rôle " fondamental " joué par les Halles et, plus encore, par le marché du vendredi. Malgré un centre-ville jugé " illisible ", ils soulignaient la " bonne dynamique " des commerçants de la Ville bleue.

Déléguée au commerce, Christine Tréguier s’efforce d’optimiser et d’équilibrer l’offre commerciale concarnoise. Dans ce combat de tous les jours, la ville n’est pas seule. Elle a retrouvé des interlocuteurs avec la nouvelle union des commerçants. L’élue a piloté localement le programme d’actions mis en place dans le cadre du Fonds d’intervention pour la sauvegarde de l’artisanat et du commerce (Fisac). Ce programme ambitieux concernait la rénovation des Halles, l’aménagement de la place Jean-Jaurès, la mise aux normes du marché en plein air, l’aménagement du mail piétonnier dans l’avenue du Dr Nicolas, des rues Hélène Hascoët et Charles Linement et de la place du 8 Mai, enfin l’aménagement de la place du Général de Gaulle et de la rue Dumont-d’Urville. Christine Tréguier est également aux premières loges pour ce qui est de la charte de développement commercial initiée par la CCI de Quimper sur le Pays de Cornouaille. Objectif : garantir le respect du maillage commercial au profit d’un développement durable et équilibré du commerce et de l’artisanat cornouaillais.

Dans un monde idéal, Christine Tréguier aimerait que certains commerçants concarnois tirent toutes les conclusions des effets de la RTT et du fractionnement des vacances. L’équipe municipale verrait également d’un bon œil une plus grande variété de l’offre en Ville Close, avec notamment une meilleure valeur ajoutée culturelle. Ville d’art et d’histoire, Concarneau souhaite mieux exploiter son image. Au centre-ville, de nombreux travaux ont été réalisés. Ils améliorent la lisibilité d’un cœur de cité éclaté et difficilement perceptible par le visiteur. L’objectif est, qu’après avoir admiré et visité la Ville Close, les familles se mettent aussi à regarder vers la terre. Qu’ils découvrent les Halles et les rues commerçantes du centre.

Parallèlement, le développement des zones commerciales en périphérie a permis de juguler l’évasion d’une partie de la clientèle locale vers Quimper ou Lorient. Le centre dispose d’un atout maître, le marché du vendredi matin dont le succès ne se dément pas. Si elle parvient à offrir des animations commerciales de qualité tout au long de l’année, Concarneau pourra tirer tous les bénéfices commerciaux de son puissant pouvoir d’attraction. Il faudra également que la ville bleue s’invente des espaces, comme celui que le déménagement prochain de l’ANPE à Kérampéru va libérer en centre-ville.
O.B.

 

Il n’y a pas que la Ville Close !

Christian Mingam (délégué au Tourisme).

Officiellement reconnue comme Ville d’art et d’histoire, Concarneau n’appartient pas au cercle des stations balnéaires. Elle n’en nourrit nul complexe. Elle l’est de facto. 290 000 personnes empruntent chaque an-née le bac qui rejoint la Ville Close et cette dernière accueillerait bon an mal an plus d’un million de visiteurs. Le port de plaisance en cœur de ville et les plages si proches donnent également à la Ville bleue un parfum touristique qu’il serait malveillant de contester.

" Le label Ville d’art et d’histoire n’est pas uniquement tourné vers le passé. Il nous oblige à mettre en avant l’activité économique d’aujourd’hui et ça nous convient bien ", affirme Christian Mingam, délégué au Tourisme. " Notre premier objectif est d’augmenter notre capacité d’accueil ", poursuit-il. " Il nous faut également prendre exemple sur les ports voisins et améliorer la qualité de services à nos usagers. "

La demande existe. De plus en plus de plaisanciers recherchent des emplacements à l’année dans les eaux de la Ville bleue. Le projet de zone technique petite pêche plaisance va lui aussi dans le sens d’un renforcement de l’offre en vue d’une plus grande fidélisation.

Comme les autres stations touristiques, la municipalité veille de très près à la propreté de la ville : entretien des places, mise à disposition de toilettes publiques, aires dédiées aux campings-cars, et s’efforce de proposer des conditions de stationnement acceptables.

A Concarneau, tout prend une dimension touristique : aménagement du centre-ville, rénovation des bâtiments de caractère, animations estivales. " On a un atout extraordinaire : être une ville de 20 000 habitants où l’on se sent comme dans un village ", explique Christian Mingam. " On se bat pour que les visiteurs découvrent autre chose que la sempiternelle Ville Close. Il existe ici une offre adaptée aux séjours courts. Nous avons matière à prolonger le temps de visite à Concarneau. "
O.B.

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