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IMPRIMER Dernière mise à jour: 18/11/2011
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Marie Seznec

Passion haute couture

 

Originaire de Quimper où ses parents tenaient boutique, l’ancienne égérie de Christian Lacroix,

célèbre pour ses cheveux d’argent, suit toujours les collections, côté coulisses.

 

Marie Seznec a quitté Quimper en 1976, vers l’âge de 18 ans. Direction la capitale, le cours Berçot. Devenir styliste, c’était son rêve d’alors. Il faut dire qu’elle est née dans le milieu des vêtements, ceux que vendaient sa mère et sa grand-mère avant elle, dans l’auguste maison Seznec-Merlet, juste en face de la cathédrale. « J’ai commencé à faire les vitrines du magasin à l’âge de 14 ans. J’aimais cela, la mode, c’était le métier de mes parents. Mon père était un peu artiste, il nous amenait souvent dans les musées. Il dessinait tout le temps, ma mère brodait ses dessins. »

La carrière de mannequin qui allait la rendre célèbre, elle n’y rêvait pas, et pour cause ! « Je n’étais pas si grande, 1,73 m, alors que dans les années 80, il fallait au moins mesurer 1,76 m, aujourd’hui c’est 1,82 m ! Et puis, j’avais les cheveux gris… depuis mes 15 ans ! » Une sacrée histoire que ces cheveux gris. Cette belle couleur argentée très pâle, les femmes et les hommes de cette famille l’ont bien avant tout le monde. Une particularité qui la fait remarquer dans le monde de la mode.

Elle passe en double page dans le magazine Elle, alors qu’elle est styliste et crée des collections pour des pulls, des sacs… Une agence craque pour sa beauté étrange et la fait monter sur les podiums. « Je pensais juste pour quelques mois, mais les défilés se sont suivis et les mois, les années avec… » Et un jour, c’est la rencontre avec Christian Lacroix. Le jeune couturier qui, en 1987, a monté sa propre maison, lui a demandé d’en être l’image. « Je faisais les voyages pour montrer les collections, ma vie de mannequin a durer huit ans ! »

Et on la voit alors à tous les défilés de Christian Lacroix, ce dernier adore ses cheveux, imagine des chignons extravagants, valorise son côté marquise XVIIIe. Elle devient l’égérie de la maison. C’est elle la mariée qui clôture les défilés.

 

Clientes fortunées

En 1990, elle rencontre son futur mari. Il la demande en mariage en huit jours. C’est un artiste peintre. Pour lui, elle abandonne son métier. Mais elle revient vite vers la haute couture, côté coulisse cette fois. Christian Lacroix lui propose en effet de diriger les salons. « J’ai dû faire mes preuves, diriger la haute couture, ce sont des budgets conséquents, des ateliers, les collections, la production... C’est passionnant. »

Surtout quand on sait que cette maison est une des rares qui a résisté aux années. Il n’y a en effet plus que dix maisons de haute couture en France. « On dit que la haute couture est morte, c’est faux, il y a de plus en plus de clients, nous avons fait 90 % de chiffre d’affaires en plus en deux ans ! » Mais les clientes, quelques centaines particulièrement fortunées, ne sont pas ou peu françaises. Elles viennent du Moyen-Orient ou des États-Unis, où Marie se rend six fois par an : deux fois avec toute la collection, et ensuite pour des essayages, pour la robe de mariée de Catherine Zeta Jones, et plus récemment, les costumes de scène de Madonna.

L’âge des clientes est très variable. « La plus jeune a… deux ans, elle nous vient du Moyen-Orient Et la plus âgée a 100 ans ! » Les modèles ne sont vendus qu’en très peu d’exemplaires. « Un modèle par pays, jamais deux, et on les adapte parfois aux désirs de la cliente. » On peut s’étonner du prix faramineux qui est mis dans ces robes, entre 10 000 et plusieurs centaines de milliers d’euros par pièce. « Mais beaucoup considèrent cet achat comme celui d’un tableau, et puis cela fait vivre tout un monde d’artisans, en France uniquement : brodeurs, dentellières… Le monde entier nous envie notre savoir faire. »

Pour Marie Seznec, c’est le bonheur. « Je n’ai pas eu besoin d’apprendre vraiment, tout me paraissait évident, mes études m’ont servie pour les couleurs, la coupe, les essayages. Les clientes se sentent en sécurité, c’est important. Je suis aussi plus crédible au niveau des ateliers. »

Aujourd’hui, Marie a 47 ans, elle le revendique, pas besoin de tricher, ce n’est pas son style. Elle porte toujours ses beaux cheveux blancs comme un trophée, entre Los Angeles, New-York, Paris… et Bénodet ou Quimper. Le refuge.

Michelle Senant

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