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IMPRIMER Dernière mise à jour: 18/11/2011
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Pont-Aven : Un air de liberté
C'est une ville dédiée au plaisir des sens. Ses galettes y sont délicieuses Ses paysages et sa rivière ont enchanté les peintres.

"Pont-Aven, ville de renom, quatorze moulins, quinze maisons ". Rue du port, le long de l’Aven, le slogan ne semble pas usurpé. Le cours de la rivière, qui descend des Montagnes Noires, est ralenti par des blocs de granit. Ces obstacles forment des barrages naturels qui ont permis l’édification de nombreux moulins par les moines et les seigneurs dans le haut Moyen-âge. Celui de Pénanros abrite sur cinq étages une minoterie en activité depuis 1928 et celui de Kermentec, sous le viaduc du chemin de fer, a longtemps été une fabrique de papier… Tous ont été restaurés. Sur les quais, des promeneurs flânent, visiblement comblés par la tranquillité de la balade. Ceux qui cherchent plus d’intimité continueront leur chemin jusqu’à la promenade Xavier Grall.

Vers le centre-ville, les cafés deviennent plus nombreux. Ils rappellent les soirées qu’ont dû partager les peintres de passage du milieu du XIXe au début du XXe. En 1900, le commerce maritime tenait une place importante. Pont-Aven était un village animé, même tard le soir. La commune comptait 40 hôtels, auberges et cafés. Les discussions sur l’art et la peinture semblaient ne jamais devoir prendre fin. Aujourd’hui, les cafés invitent à la gourmandise. Ici, il convient de prendre le temps de vivre. Des conserveries de légumes et de poissons et au premier chef les galettes de Pont-Aven ou les Traou Mad le rappellent. La ville mérite bien son titre de Site remarquable du goût…

 


Le retour des peintres

Dans la rue des Meunières et jusqu’à la place royale, les belles demeures avec leurs façades de granit et d’immenses cheminées ont été édifiées aux XVIIe et XVIIIe. Ailleurs, le regard est constamment attiré par les couleurs vives ou les formes audacieuses des tableaux des galeries privées qui ont prospéré depuis les années 60. Car Pont-Aven est réputée pour être " des moulins le vieux pays, des artistes le paradis " (bro goz ar milinou, baradoz an arzou). Trois grandes étapes marquent la vie artistique locale. Au milieu du XIXe siècle, des peintres originaires de Londres, Philadelphie ou des pays nordiques arrivent à Pont-Aven. Ces peintres académiques sont surnommés " les Américains ". En 1888, Gauguin, encore impressionniste, rencontre Émile Bernard à Pont-Aven. Avec Les Bretonnes dans la prairie verte et La Vision après le sermon, les deux artistes inaugurent le mouvement pictural du syncrétisme. " En Bretagne, Gauguin a inventé une nouvelle façon de peindre en ne gardant que l’essentiel. La perspective est inexistante et les contours épais, très marqués. " précise Catherine Puget, conservatrice du musée de Pont-Aven. Lorsque Gauguin part à Tahiti, l’École de Pont-Aven, qui comprend une dizaine de peintres, se disloque. Progressivement, les peintres sont remplacés par les touristes. Enfin, dans les années 80, les peintres sont de retour. Ils travaillent toute l’année dans des ateliers qui donnent souvent directement sur la rue. Au total, Pont-Aven compte aujourd’hui 60 lieux privés d’exposition. Un centre international d’art contemporain vient d’ouvrir ses portes rue de la Belle Angèle et devrait organiser des expositions tous les jours dès le mois d’octobre. Par ailleurs, les artistes du Hangar’t exposeront dans les rues de Pont-Aven lors des fêtes patronales de Nizon, la commune voisine, les 25, 26, et 27 septembre.

" Un petit trou pas cher "
Évoquant Pont-Aven, le peintre Jobbe-Duval dit à Gauguin, pour le persuader de venir : " C’est un petit trou pas cher ". Il reste que la lumière du " val des saules " est admirable, Gauguin l’a vite compris. Il se réfugiait souvent dans le bois d’Amour, où les couleurs éclataient dans leur pureté. C’est là, raconte Maurice Denis, que Gauguin donna sa fameuse leçon. " Comment voyez-vous cet arbre ? avait dit Gauguin dans un coin du bois d’Amour : il est bien vert ? Mettez donc du vert, le plus beau vert de votre palette ; et cette ombre plutôt bleue ? Ne craignez pas de la peindre aussi bleu que possible ". En une heure, le bois d’Amour se découvre. Loin de la foule, le visiteur peut marcher sur les traces de Paul Gauguin. Des leçons de peinture hebdomadaires y sont dispensées et permettent de s’initier à la peinture en plein air. Tout proche se trouve la chapelle de Trémalo dont le crucifix en bois polychrome a inspiré Gauguin pour Le Christ jaune et L’autoportrait au Christ jaune. Toutes les chapelles de la région, pas toujours ouvertes au public, et le calvaire de Nizon peuvent se visiter en calèche.
Dorothée Doublet


Aven : par ici la descente

L’Aven est une rivière au charme désuet. A l’extrémité du port, le GR34 la longe jusqu’à son embouchure sur une distance de 14 km. Le visiteur peut aussi descendre la ria à bord d’une vedette. L’heure de départ varie en fonction des marées. " Lorsqu’on part le matin, glisse Ségolène Dumas, matelot-mécano, les couleurs sont magnifique, jamais identiques. Lorsque la marée n’est pas trop haute, les bancs de sable affleurent et les oiseaux s’y rassemblent. " On peut apercevoir des aigrettes, des tadornes du Bélon, des hérons, des courlis, des cormorans et des martins-pêcheurs… Kayakistes, plaisanciers et pêcheurs à la ligne en quête de truites ou de saumons, se partagent ce paysage splendide. Le visiteur peut découvrir la crypte fréquentée par Gauguin et les châteaux riches de légendes qui bordent l’Aven.
D.D.

Tous au musée

Place de l’hôtel de ville, le musée des Beaux-arts présente en permanence des peintures, dessins, aquarelles et gravures de l’École de Pont-Aven. Une exposition temporaire explore l’univers des peintres britanniques en Bretagne de 1860 à 1939. La prochaine, à partir du 2 octobre, sera consacrée à Jules-Emile Zingg (1882-1942) qui s’est focalisé sur le thème de la campagne. Ses aquarelles s’inspirent des styles nabi et art déco.
Rens. : 02 98 06 14 43.

Traou Mad : petits câlins à croquer
La biscuiterie pontavéniste Traou mad a diversifié sa production. " Les petits câlins de Pont-Aven " sont des biscuits sucrés fourrés. Ils sont en vente depuis un mois et demi.

La biscuiterie Traou mad (" bonnes choses " en breton) vend depuis plus d’un mois un biscuit dentelle fourré (noix de coco, mandarine, menthe ou praliné) baptisé " Les petits câlins de Pont-Aven ". Succédant à son père il y a deux ans à la tête de la biscuiterie artisanale, Thierry Menthéour continue de diversifier la production. En 1920, Marguerite Le Vilain avait eu l’idée d’utiliser les recettes artisanales des Traou mad et des galettes de Pont-Aven de sa grand-mère pour fonder une biscuiterie. Aujourd’hui, Traou mad vend également des madeleines, cakes, crêpes et biscuits dentelles. L’entreprise réalise 12 millions d’euros de chiffre d’affaires. Elle compte deux sites de production. Le premier, Traou mad, est implanté dans la zone artisanale de Kergazuel à Pont-Aven depuis 1975. Le second, Millcrêpes, situé zone artisanale de Kerdroniou à Quimper, est spécialisé dans la confection de crêpes. Pour fonder Millcrêpes, Thierry Menthéour a acheté la biscuiterie quimpéroise Les mascottes qui confectionnait les biscuits salés Crêperolles, et acquis également la biscuiterie brestoise Millcrêpes, dont il a repris le nom.

Ingrédients de premier choix
Les exportations en France et vers les autres pays européens représentent 12 % du chiffre d’affaires des galettes de Pont-Aven et des Traou Mad. " Cette dernière travaille beaucoup avec la grande distribution mais demeure une entreprise familiale ", souligne Thierry Menthéour. Désormais, son père, Jean, consacre son énergie au packaging. Sa mère, Simone, dirige la boutique de Pont-Aven. Hélène, sa sœur, supervise Millcrêpes. Quant à Thierry, il était pilote chez Dassault depuis douze ans lorsque son père lui a proposé de prendre sa suite. Il a appris son métier en exerçant toutes les fonctions de l’entreprise. " Je sais de quoi je parle, affirme-t-il. Nos biscuits sont deux fois plus chers que les autres car nous ne privilégions pas la quantité mais la qualité. Nous avons un savoir-faire maison. Tous nos ingrédients sont de premier choix grâce au laboratoire intégré qui nous permet de contrôler la matière première avant même le déchargement. Nous travaillons la pâte avec des pétrins de petite taille, comme les boulangers. Notre production est restée semi-artisanale. "
Dorothée Doublet

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