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IMPRIMER Dernière mise à jour: 18/11/2011
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Saint-Martin, village dans la ville
Administrativement, Saint-Martin n’est qu’une partie de l’immense " quartier centre " de la ville. Humainement, ce périmètre qui jouxte les rues commerçantes de la ville, s’apparente à un village dans la ville, un univers citadin devenu rare, où la vie de quartier veut encore dire quelque chose.

Un temps surnommé le " quartier latin " de Brest, Saint-Martin fut en effet, et demeure encore en partie, le pré carré du petit peuple estudiantin de la ville. Mais le caractère si particulier du quartier n’est certainement pas seulement dû à ses " années fac ". Les plus anciens en témoignent volontiers : " Le quartier a toujours été comme ça, avec des gens qui se connaissent et qui s’entraident ", confie celle que l’on surnomme, du côté des halles de Saint-Martin, la " reine mère ", l’une des âmes historiques du quartier.

La botte secrète d’un dynamisme intact
Certains se sont parfois agacés de cette image populaire, de cette étiquette de " village d’irréductibles Romains ". Elle n’en demeure pas moins fidèle au caractère local, au mépris des années. Certes, de l’univers ouvrier et de ses baraques de l’après-guerre, il ne reste plus que des souvenirs. Avec le temps, la population a changé, les mœurs ont évolué. Mais l’esprit et la vie sont restés de la place Guérin à celle des halles. " Depuis toujours, ce quartier est un melting-pot de classes sociales, de générations… On peut l’expliquer par les associations qui font que les gens se rencontrent, mais aussi par l’école, les halles, tous les commerces. En fait, il y a toujours une porte ouverte : magasins, cafés ou restaurants. Dans d’autres quartiers, beaucoup de choses ont fermé. Résultat : il n’y a plus de vie ", estime Marcel, patron depuis dix-huit ans de l’un des rendez-vous phares de la place Guérin, le café de la Plage.

Artiste, étudiant, festif, Saint-Martin n’a finalement fait que tirer parti de ses atouts d’origine pour y puiser son dynamisme. Chaque matin, autour de la place des halles récemment réhabilitée, la vie s’active, fourmille. Ici comme ailleurs, on a vu les commerces de proximité tirer leur rideau au profit des offres de la périphérie. À la différence près que " toujours, quelque chose d’autre renaît. Certains partent, d’autres prennent leur place, signe qu’il y a de la vie ", rappelle Dominique Jacolot, l’un des commerçants de la place des halles.

Et la donne ne devrait pas changer de sitôt. Les murs bougent, pas leur âme. Après la rénovation des halles et l’ouverture d’un poste de police de jour, le quartier s’apprête à vivre une opération immobilière de taille, mêlant constructions neuves et réhabilitations. Une mini-révolution que chacun attend ici de pied ferme. Car si certains craignent qu’on ne vole ainsi son âme au quartier, beaucoup reconnaissent aussi que le quartier a besoin d’un petit coup de neuf, et de nouvelles énergies pour poursuivre sa saga pendant quelques générations encore.
Élisabeth Jard

 

 

" Le second souffle de Saint-Martin "

" Avant d’arriver ici, j’avais en tête l’image d’un quartier un peu ancien… En moins de cinq mois, j’ai découvert tout son dynamisme qui vient, je pense, tout autant de la volonté des acteurs du quartier que de celle des pouvoirs publics, qui mettent des moyens au service de Saint-Martin ", confie Jean-Sébastien Auffret, le nouveau directeur de l’agence du Crédit Agricole de Saint-Martin.

La position centrale de l’agence, qui donne sur la rue Jean-Jaurès lui permet d’attirer une clientèle diversifiée, à l’image du quartier : " On est ici dans un quartier de brassage, et cela s’explique sans doute par le fait d’une offre immobilière assez large, au regard du reste du centre-ville. Tout cela contribue au dynamisme local, avec cette vie créée autour des petits commerces, et alimentée tout autant par les étudiants que par les familles. " La récente rénovation des halles, comme les projets de réhabilitation immobilière ou la refonte de l’Espace Foucauld ne viennent, selon Jean-Sébastien Auffret, que renforcer " le second souffle de Saint-Martin ". Pour preuve, les nombreuses demandes de financements, concernant des ouvertures ou des reprises de commerces: " Il y a une vraie volonté de tous d’attirer du monde sur le quartier. Et à cet égard, il me semble que l’opération faite sur les halles a été des plus positives. Entre les initiatives des associations du quartier, des commerçants, et les moyens mis en œuvre par la collectivité, on sent vraiment que le quartier reprend une nouvelle valeur. "
E.J.

 

Alain Masson, maire-adjoint du quartier " centre "

" Saint-Martin veut prendre le temps de vivre "

Si Saint-Martin fait partie du centre-ville, on dit souvent que c’est surtout un quartier à part entière. Quelles sont ses particularités ?

Alain Masson : Le quartier fait partie du centre-ville, mais depuis toujours, il est effectivement à part. Il y a la place, les halles… Tous ces éléments en font un quartier un peu différent, oui. Et on peut dire également qu’il se distingue dans la population puisque ce quartier est principalement populaire, dans le bon sens du terme, par rapport à d’autres endroits du centre, que l’on qualifierait dans la terminologie des villes, de plus bourgeois. Cet ensemble de choses fait que le quartier est effectivement particulier.

La municipalité y a entamé de nombreuses opérations de modernisation ou de réhabilitation, pour certaines déjà achevées. Mais le programme à venir fait dire à certains qu’on veut voler son âme au quartier…

Il est vrai que les deux prochains chantiers, celui du secteur Foucauld et celui de l’Îlot Proud’hon, sont assez lourds. Sur l’ancienne école Foucauld, il est effectivement prévu de construire 200 logements neufs, qu’on peut qualifier de haut de gamme, mais en restant à l’échelle de Brest ! Mais en parallèle, nous travaillons sur la rénovation de l’ensemble du quartier, avec l’aide de l’État, visant à une requalification des bâtiments anciens. Nous voulons donc garder deux fers au feu : Brest doit absolument répondre à une réelle demande de logements de qualité dans le centre, tout en préservant le bâti ancien.

Cela ne va-t-il pas effectivement conduire à une éviction de fait des familles les plus modestes ?

Non. Il est évident que les logements neufs seront notamment accessibles à des catégories de type cadres supérieurs. Et c’est aussi en fonction de cela que nous menons une opération de requalification, afin notamment de trouver des aides à la rénovation pour les propriétaires. De même, un travail sera également mené auprès des propriétaires de locatif, pour qu’ils puissent accueillir dans des logements décents une population aux revenus plus modestes.

Pouvez-vous dresser un portrait-robot de Saint-Martin à un horizon de dix ans ?

Les opérations de Foucauld et Proud’hon seront alors achevées. La logique voudra donc qu’on se penche également sur la place Guérin, et son éventuel réaménagement. Ceci se fera bien évidemment en bonne entente avec les différentes associations du quartier, notamment pour ce qui est de la salle de l’Avenir.

Votre définition du quartier ?

Saint-Martin a une âme… Peut-être pas d’écorché vif, mais en tout cas de résistant à la modernité. Attention ! Cela n’est pas péjoratif, j’entends plutôt par là que ce quartier veut prendre le temps de vivre.

 

Halles Saint-Martin

Une réhabilitation qui devra faire ses preuves
Après quinze mois d’exil sous un chapiteau provisoire, les commerçants des halles ont, début juillet, retrouvé un bâtiment entièrement rénové. Une réussite architecturale qui ne fait pourtant pas l’unanimité…

Il aurait été étonnant que les choses se passent sans heurts. Comme pour tout ce qui touche à leur quartier, les Saint-Martinois avaient dès le départ pris le taureau par les cornes, disputant à la collectivité le droit de modifier impunément le paysage local. " Et pourtant, d’après les premiers échos, je crois que tout ça valait finalement le coup ", se réjouit aujourd’hui Alain Masson, maire-adjoint du quartier " centre " et 1er adjoint au maire de Brest.

Une nouvelle jeunesse
Passablement décrépies, ces halles érigées au xixe siècle ne supportaient plus la comparaison avec les lignes contemporaines désormais en vogue. Et l’image du quartier en pâtissait logiquement, sans parler de la fréquentation de ses commerces. " Il était indispensable de faire quelque chose. Et aujourd’hui que tout est fini, on peut dire qu’on a eu de la chance : le nouveau bâtiment est une réussite. Le toit en verre rend l’ensemble plus clair, et les clients semblent très satisfaits ", reconnaît Maryvonne Joncourt, l’une des commerçantes des halles. De fait, le chantier de quinze mois a permis de redonner une nouvelle jeunesse à l’ensemble de la place, à la rendre plus attrayante. Et si certains clients avaient déserté leurs étals de prédilection pendant leur exil sous le chapiteau, " on a l’impression que des têtes nouvelles arrivent ", veut espérer une autre commerçante.

Les non-sédentaires inquiets
Rénovées sous la direction de l’architecte des bâtiments de France, les halles Saint-Martin retrouvent donc aujourd’hui une physionomie enfin avantageuse. Tout au moins du côté de l’esthétisme… " Nous, tout ce qu’on demandait, c’était du fonctionnel ", regrette Manu, délégué des commerçants non sédentaires.

Cette amertume, il n’est pas le seul à la laisser transparaître, quand la pluie vient à envahir le ciel brestois. Car, si un auvent agrandi a été mis en place à l’arrière des halles, le toit qui surplombait jusque-là l’avant du bâtiment a, lui, été supprimé. " On a bel et bien 5 places en plus en bas, mais par temps de pluie, les 25 de l’avant sont inutilisables ! " Et les non-sédentaires ne sont pas les seuls à craindre les effets négatifs de la chose : " Avant, le marché attirait les gens. Aujourd’hui, par temps de pluie, il n’y a plus personne… Ce qui ne donne pas forcément envie de rentrer chez nous ", avance une commerçante des halles.
E.J.

 

Les grands chantiers

• Espace Foucauld : Propriété de la Cub, l’ancienne école est destinée à accueillir une Zone d’aménagement concerté (Zac). Sur ces deux hectares, dont la gestion a été confiée à la Semaeb, l’objectif avoué est la construction de 200 logements neufs, destinés principalement à accueillir des familles. Reste à trouver les promoteurs, à affiner le projet architectural avec eux… Puis à construire ! Vraisemblablement, le chantier pourrait démarrer fin 2005.

• Îlot Proud’hon : Après des mois d’incertitude, on sait maintenant que l’immeuble jusqu’ici dévolu aux associations restera à leur disposition. Pour autant, la vétusté du bâtiment nécessite une urgente réhabilitation, dont le principe est désormais fermement établi. Un chiffrage estimatif, basé sur les études préliminaires, fait pour l’heure état d’un budget global de 4,5 millions d’euros. Mais le projet n’en est qu’à ses débuts. Pour l’heure, la seule certitude reste que le chantier visera à réhabiliter le bâtiment existant. " Des mètres carrés supplémentaires seront probablement dégagés de ces travaux, mais il est encore trop tôt pour s’avancer sur l’utilisation qui pourra en être faite ", note Jean-Pierre Caroff, chargé de l’habitat à la Cub. Dans le scénario le plus optimiste, les premiers coups de pioche pourraient avoir lieu courant 2007.

• Amélioration de l’habitat : Une opération programmée d’amélioration de l’habitat est en cours. Cette Opah concerne l’ensemble du quartier de Saint-Martin et vise à réhabiliter les bâtisses les plus anciennes. Pour ce faire, des négociations ont été menées auprès de l’Agence nationale d’amélioration de l’habitat. Le 30 septembre dernier, elles ont donné lieu à une décision de la dite agence, qui permet désormais de proposer des aides substantielles aux propriétaires (même en copropriété), et sans plafonnement : " C’était jusque-là le principal problème, il vient de sauter ", se félicite Jean-Pierre Caroff. Reste maintenant à ajuster les capacités financières du côté de la Cub comme de l’État. Raisonnablement, on peut donc tabler sur un début de l’opération en début 2005, pour au moins trois ans. Le tout permettra aux propriétaires de procéder à des travaux de rénovation et de modernisation avec une aide publique conséquente.

• Kerfautras : Depuis quelques mois, Kerfautras a fait table rase du passé. Les anciens entrepôts de l’économie bretonne, rachetés en 1980 par la ville, étaient devenus trop vétustes. Rasés, ils ont laissé place à un immense parking (gratuit) de 548 places. De quoi ôter une épine du pied de nombreux habitants du quartier. Au départ programmé comme un équipement provisoire, ce parking semble être appelé à durer : " On ne peut pas non plus créer des dizaines de logements supplémentaires, sans êtres certains d’avoir une demande en face. Pour l’heure, il n’y a donc aucun projet concret sur ce dossier. La seule éventualité serait, à terme, d’y imaginer un équipement sportif, qui manque actuellement sur le quartier ", annonce le maire adjoint.


Foire aux croûtes

Une fête à l’image de son quartier

Quand on a goûté aux délices de Saint-Martin, difficile d’en oublier la saveur… " Quand je suis revenu à Brest, après m’être éloigné pour raisons professionnelles, c’était Saint-Martin ou rien ", confirme Jean-Michel Charreteur. Revenu sur ses terres il y a huit ans, l’homme est depuis 5 ans président de l’emblématique association de la Place Guérin, créatrice de la Foire aux croûtes. " Il fallait à un moment coordonner les bonnes volontés : il y avait un maximum d’idées qui fusaient, mais un peu de mal pour les mettre en symbiose… Or moi, si je n’ai pas d’idées, j’arrive à faire en sorte que celles des autres soient réalisées ", sourit celui qui préfère se définir comme le " coordinateur des différents courants d’idées " de l’association.

De 5 à 8 000 visiteurs à chaque édition
De cette réunion de bonnes volontés naît la magie de cette institution brestoise en matière de rassemblement festif que constitue la Foire aux croûtes. Imaginée voici près de quinze ans par deux des " piliers " du quartier, la fête attire immanquablement, durant les trois jours du week-end de l’Ascension, des milliers de visiteurs. Qui pour les " croûtes ", qui pour les soirées concerts, qui pour l’ambiance générale… " La foire aux croûtes… C’est la rencontre de la peinture et de la musique. Avec 150 exposants, néophytes ou confirmés, et la fête en musique le soir ", résume Jean-Michel Charreteur. Une joyeuse réunion d’amateurs d’arts en tous genres, où la seule règle immuable se résume à une ouverture toujours plus large : " Dès le départ, le but était de ne pas faire de cette foire le pré carré de quelques gens reconnus. Nous, ce qu’on veut, c’est que chacun ait sa chance. "

Depuis sa création, cette manifestation a réussi à fédérer tout le quartier, à lui coller à l’image, à devenir l’un des éléments incontournables de l’identité de Saint-Martin. Et si l’association que préside Jean-Michel Charreteur en est la cheville ouvrière, elle ne tire pas toute la couverture à elle : " Les autres associations nous filent un sacré coup de main, notamment le PL Guérin, le Claj, ou Canal Ti Zef. Les commerçants nous aident aussi en nous sponsorisant, et la mairie nous soutient également beaucoup. " Une mobilisation sans faille qui touche jusqu’au public : en trois jours, la fête attire entre 5 et 8 000 visiteurs ! " Et certains ont même repris le concept ailleurs… ".
E.J.

 

Les Sonics

La techno sur un air d’antan

La devanture est à l’image de l’association. Une façade aux allures surannées qui cache un magasin de musique et de culture techno, créé par l’association Sonics. Choc des cultures ? Intégration réussie des différences, plutôt. Créateurs de l’association, Matthieu Guerre-Berthelot et son acolyte Gildas Rioualen avouent avoir succombé " au petit côté charmant de la place Guérin ", mais pas seulement. " Pour monter le magasin, nous avions besoin d’un quartier sympa, sans être sur des grands axes, puisque notre public est assez ciblé. Or, Saint-Martin a toujours été un lieu vivant, jeune… " Va donc pour la place Guérin, son école et ses légendaires boulistes. " Au départ, forcément, on a suscité pas mal de curiosité. Mais au lieu de rester dans leur coin, les gens sont carrément venus nous voir, poser leurs questions. Et l’intégration s’est faite comme ça, parce qu’ils semblaient aussi contents de voir que la jeunesse arrivait pour continuer la vie du quartier ", resitue Gildas Rioualen.

En posant les valises de leur association des Sonics sur le quartier, les deux pivots du festival Astropolis entendaient surtout mener leur barque à travers le Sonic Floor, enseigne spécialisée dans le son techno. La mélodie aurait pu faire tache dans le paysage de la place, mais l’histoire même du quartier a justement appris à ses âmes à toujours garder la porte ouverte aux influences qui ne sont a priori pas les siennes. D’ailleurs, en drainant sur le quartier toute une clientèle plus jeune, amatrice de techno, les Sonics ont démontré que les contraires pouvaient aussi s’attirer. " Nous avons toujours respecté l’état d’esprit du quartier, et notre musique n’a jamais semblé déranger ! ", sourit Matthieu Guerre-Berthelot. L’association, qui monte de nombreux concerts sur Brest, mais également sur toute la Bretagne, fait donc désormais partie du décor local. Et, comme tous les gens de Saint-Martin, ses membres s’investissent dans la vie du quartier, en y apportant une note de couleur supplémentaire. C’est ainsi que, lors d’Astropolis, des concerts et happenings sont organisés au centre d’art Passerelle. Et en 2005, un tournoi de pétanque, co organisé par les boulistes de la place, pourrait se jouer avec les collectifs de musiciens invités du festival. Parties mouvementées en perspective !
E.J.

 

Passerelle

Au carrefour des arts contemporains

Au détour d’une rue, non loin des chapelets d’estaminets et de restaurants, une discrète pancarte indique le chemin à suivre pour prendre la Passerelle. Ici, depuis 1988, l’art contemporain a su s’imposer comme l’un des éléments constitutifs du paysage local. Et c’était bien là la volonté des fondateurs de ce centre d’art contemporain, dont fut Chantal Bideau, aujourd’hui présidente de l’association Passerelle et coordinatrice des événements : " Dès le départ, il s’est agi de créer sur le quartier un lieu de promotion de l’art contemporain. Et cette ancienne mûrisserie de bananes, laissée à l’abandon, était idéale. "

Après avoir réhabilité la friche industrielle, les promoteurs de Passerelle retroussent leurs manches. Et le chantier est à l’époque immense : " Le CCM, le Fourneau, la Maison du théâtre… Rien de tout cela n’existait à l’époque. Notre projet était donc de fédérer ici toutes les énergies artistiques qui bouillonnaient. " L’éclosion de nouvelles structures elles aussi dédiées à l’art sous toutes ses formes coupera l’herbe, et quelques financements, sous le pied de Passerelle. " Nous avons dû remanier le projet, pour nous tourner plus particulièrement vers les arts plastiques. "

Sentinelle de la créativité
Aujourd’hui, Passerelle a su se faire un nom dans l’univers de l’art contemporain, et ce bien au-delà des frontières de Saint-Martin, et même de la ville. En sus des expositions d’artistes du monde, des partenariats locaux ont également permis la mise en place de lectures de poésie, de concerts… Aussi proche des organisateurs de la Foire aux croûtes que des tenants de ce que d’aucuns nomment l’art avec un grand A, l’association reste l’une des sentinelles de l’art, au cœur d’un quartier où, si les artistes de tous poils n’ont jamais manqué, " l’arrivée de réels ateliers d’artistes ayant pignon sur rue jouerait en faveur de la mixité sociale ", estime Chantal Bideau.

Parce qu’elle est née de la volonté d’artistes et d’amateurs d’art du quartier, Passerelle reste l’un des repères de Saint-Martin. " Ailleurs, dans un autre lieu, un tel projet n’aurait pas été possible. Ce quartier a toujours compté beaucoup d’artistes, mêlés aux étudiants, aux personnes âgées. Il y a vraiment ici quelque chose de particulier… ".
E.J.

 

Le feuilleton du jeudi soir

Depuis un peu plus d’un an, Saint-Martin s’était fait, chaque jeudi soir, le théâtre d’une pièce montée par plus de 300 étudiants, réunis aux portes des cafés jusque tard dans la nuit. Au départ marginal, le phénomène avait, en ce début d’année universitaire, atteint des proportions qui commençaient à échauffer les humeurs des riverains, lassés de devoir faire une croix sur leur sommeil, une nuit par semaine… Fin octobre, à l’issue d’une réunion en sous-préfecture, les responsables politiques et judiciaires locaux ont tranché : jusqu’à nouvel ordre, ces rassemblements nocturnes seront suspendus. En attendant que les associations étudiantes, ou la sphère privée, trouvent une solution durable de nature à contenter les appétits festifs des uns sans pour autant troubler les nuits des autres.

 

 

PL Guérin

La mixité sociale, sésame de la vie de quartier

Même s’il n’est pas visible pour l’œil étranger au quartier, le PL Guérin n’en demeure pas moins l’un des piliers de la vie sociale de Saint-Martin. Exilée, depuis les années 70, vers les frontières du quartier, la structure a finalement su tirer parti de son éloignement. " Notre volonté est d’ouvrir le PL au plus grand nombre, dans la logique de la mixité sociale. Et grâce à l’espace qui nous est ici dévolu, c’est possible ", note ainsi Bruno Ménager, coordinateur des activités du PL. Cette année, environ 650 adhérents, de " 7 à 77 ans " pousseront la porte de ce lieu d’accueil et de création, qu’ils soient ou non du quartier. Théâtre, club du 3e âge, sorties nautiques ou accompagnement scolaire : les publics et les activités se croisent, pour parfois s’entremêler et créer de nouvelles passerelles entre générations.

Échanges de bons procédés
Autour du sport et de la culture, le PL réussit donc à fédérer des publics multiples, en âges comme en catégories socioprofessionnelles. Mais si la recette fonctionne, c’est aussi grâce aux valeurs ici mises en avant : " Pour nous la mixité sociale est un facteur d’intégration. Nous accueillons donc chez nous des associations ou des mouvements qui ont besoin d’un lieu, à condition qu’ils adhèrent à nos principes. " Des associations comme la Ligue d’improvisation brestoise ou les musiciens de Vivre le monde trouvent donc ici un hébergement, qu’ils " paieront " de quelques heures de temps accordées au public du PL. C’est également ici que se retrouvent l’Université européenne de la paix, ou encore le collectif d’associations mobilisées autour de la salle de l’Avenir. " Sur des questions militantes, concernant la vie sociale et culturelle du quartier, nous essayons de jouer notre rôle ", précise Bruno Ménager.

Conventionnée par la ville, la structure s’implique d’ailleurs largement dans la préparation de l’avenir de Saint-Martin : " Avec les opérations programmées, le quartier va changer, et l’on devrait notamment revoir arriver des familles. Ce qui est positif. Mais derrière, il faudra que la vie sociale suive. C’est notamment sur cela que nous travaillons dès aujourd’hui avec la collectivité, en sachant qu’actuellement, nous ne serions pas en mesure de répondre à la demande de nouveaux arrivants, nos locaux étant arrivés à saturation. "
E.J.

 

Salle de l’Avenir : mobilisation générale
La réputation des gens de Saint-Martin n’est pas usurpée. Meilleure preuve en date : la mobilisation de centaines de personnes pour " sauver " l’un des morceaux de patrimoine du quartier : la salle de l’Avenir.

" Cet équipement ne correspond plus à ce que l’on peut attendre d’une salle polyvalente de notre époque. Pour la nouvelle salle, nous resterons à l’écoute du collectif, qui entend notamment la voir s’ouvrir sur la place Guérin ", avance Alain Masson. Le discours est prudent, tant le dossier apparaît comme un vrai enjeu pour le quartier.

Ancienne propriété de l’église catholique, la salle fut ensuite convertie en équipement de quartier. " Il a fallu la fermer pour vétusté il y a quelques années. Mais depuis, nous n’avons plus rien pour accueillir les fêtes de Saint-Martin. Aujourd’hui, tout ce que l’on veut, c’est récupérer l’Avenir ", explique Sylvain Thomas, l’un des très actifs membres du Collectif formé pour la défense de la salle.

Un projet minutieux, et l’attente de réponses concrètes
" On ne savait pas ce qu’ils voulaient faire de cette salle. On a décidé de se structurer pour aller demander des infos. " Partis à quelques-uns au printemps dernier, les membres du collectif regroupent désormais les voix de plus de 15 associations du quartier, " sans compter les habitants ". Mobilisés, ils n’entendent pas rester dans l’attente d’une décision lointaine. " On nous a demandé de faire un cahier des charges, on l’a fait. Aujourd’hui, on veut une réponse concrète et rapide. Cette salle, on en a besoin, et vite ", pose Charles Le Bris, l’un des porte-parole du collectif. Or, il n’est pas dit que les choses se décantent aussi rapidement qu’espéré. Les projets de la collectivité en la matière n’ont pas encore suffisamment avancé… " Une chose est sûre : on ne veut pas d’une destruction. Ce bâtiment, c’est un peu de la mémoire du quartier, il fait partie du patrimoine. On ne demande pas une superstructure, juste une salle de quartier, modeste, où les associations pourraient mener leurs projets, et les habitants se rencontrer ", rappelle Sylvain Thomas.

 

APE : l’intégration des parents pour l’avenir des enfants

" Ni cochon grillé, ni militante ", selon les termes mêmes de son président, Franck Marson, l’Association des parents d’élèves des écoles Guérin (primaire) et Bugeaud (maternelle) tient malgré tout une place de choix dans la vie du quartier. Dans celle des écoliers, bien sûr, puisque l’APE finance notamment certaines sorties scolaires, ou procède à l’achat de matériel pédagogique. " Mais l’un de nos buts, est d’aider à l’intégration des écoles dans le quartier, et de permettre aux parents de se rencontrer ", précise également Franck Marson. De fait, l’APE affiche sa présence bien au-delà des murs des deux écoles, en participant notamment aux fêtes de quartiers, voire en les initiant. " L’association est à l’image de ce quartier : dynamique ", estime la vice-présidente de l’association, Catherine Le Bris. Les jeunes parents ne sont d’ailleurs pas en reste quand il s’agit de défendre l’identité de Saint-Martin. L’APE fait ainsi partie du collectif d’associations mobilisé sur le projet de la salle de l’Avenir. Et c’est encore elle qui a, à la dernière rentrée, mis sur pied son propre collectif de défense des écoles menacées de fermetures de classes : " Nous avons failli voir l’une des classes de l’école fermer, alors qu’elle venait tout juste d’ouvrir. Le problème est pour cette fois résolu, mais nous tenons à rester solidaires d’autres écoles menacées. Comme nous aurons besoin peut-être à nouveau besoin d’eux à la prochaine rentrée. "

Mobilisés, les parents de l’APE le sont d’ailleurs sur tous les sujets qui touchent de près ou de loin au quotidien de leur quartier, et à l’avenir qui l’attend : " Aujourd’hui, l’école maternelle accueille 30 élèves par classe et aucune extension n’est possible Avec le programme de logements prévus, il faudra bien en venir à évoquer la question des écoles… ", rappelle, à bon entendeur, Catherine Le Bris.
E.J.

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